Mégaphone

Le magazine de la rédaction de Jet. Chaque mercredi à 18h.

Entretiens, reportages et débats sur le social, l’écologie, l’économie sociale et solidaire et les initiatives citoyennes en pays nantais et au delà.

Mercredi 30 novembre

Mauvaises ondes à Québec : Les “radios poubelles”

Entretien avec Simon-Oliver Gagnon, chercheur à l’université de Laval à Québec

Radios « hargneuses » comme les décrit Simon-Olivier Gagnon, les radios poubelles sont des antennes monopolisées par des présentateurs-stars qui commentent l’actualité de façon provocatrice. Les propos racistes, homophobes, sexistes ou complotistes fleurissent sur les ondes de ces radios, dont l’influence s’est parfois renforcée pendant la crise sanitaire.

La coalition Sortons les radios-poubelles lutte contre ces radios de confrontation. Des administrateurs anonymes gardent des traces enregistrées de propos discriminatoires et haineux, et les diffusent sur les réseaux sociaux. Poursuivie en justice par les propriétaires de ces médias, la coalition a été contrainte de fermer sa page Facebook. Elle est tout de même active sur Twitter avec plus de 35 000 tweets en 10 ans. Cette tentative militante de régulation des radios québécoises pose aussi la question du manque d’actions des autorités locales…

Entretien et réalisation : Alexandra Jore

Mercredi 23 novembre

Aux filles du temps” : adaptation scénique d’une étude sociologique féministe

Entretien avec Alexandra Benhamou, fondatrice de l’association Lady de Nantes

“Aux filles du temps” c’est d’abord une étude réalisée par Alexandra Benhamou, afin de comprendre ce que vivent les jeunes filles de 13 à 20 ans des Pays-de-la-Loire . Harcèlement de rue, codes vestimentaires, genre, sexualité… les domaines abordés sont nombreux. Et cette enquête montre des chiffres édifiants : sur 1669 filles vivant en région Pays de la Loire, 64% ne se sentent pas en sécurité dans l’espace public, et 22% ont déjà eu une relation sexuelle sans en avoir envie.

Fin 2021, la fondatrice de l’association Lady de Nantes a initié une coopération avec le Théâtre du Cyclope. Le but : écrire et monter avec un groupe d’adolescents un spectacle pour faire connaitre les résultats de l’enquête et s’en servir comme outil pédagogique.

Entretien et réalisation : Alexandra Jore

Mercredi 09 novembre

On a toujours dit Place Centrale”: un documentaire qui retrace l’histoire de la place Mendès-France Bellevue grâce à la parole des habitants

Entretien avec Sophie-Manijeh Razavi, un.e des deux réalisateurices de “On a toujours dit Place Centrale”

À partir de 2023, le paysage du quartier Bellevue à Nantes va être modifié. La Métropole a décidé d’entreprendre une rénovation de la place Mendès-France Bellevue. Les immeubles qui bordent la place vont être démolis, un grand mail va faire son apparition et relier le square de la Sensive, côté Saint-Herblain, au Square des Rossignols, côté Nantes.

Pour garder des traces et se remémorer l’histoire de ce quartier, Karim Bouheudjeur et Sophie-Manijeh Razavi ont réalisé un documentaire, en laissant la parole aux habitants de Bellevue. La projection en avant-première de “On a toujours dit Place Centrale” est prévue pour le 17 novembre prochain, au Pathé Atlantis à Saint-Herblain. En attendant, la rédaction de Jet est partie à la rencontre de Sophie Razavi, pour revenir sur le contexte social et urbain de ce quartier qui a vu le jour dans les années 1960.

Entretien et réalisation : Alexandra Jore

Monéko, la monnaie locale en Loire-Atlantique

Entretien avec Thomas Maréchal, chargé de développement et de communication, et Marie, service civique chez Monéko

Née en 2020 de la fusion de deux monnaies locales SoNantes et le RETZ’L, la monnaie locale Monéko est dite participative et citoyenne. Nous sommes partis à la rencontre de l’association MLC44 qui en est à l’initiative, pour en savoir plus.

Entretien et réalisation : Mélissa Le Roy

Mercredi 26 octobre

Partie Commune : un syndic de copropriété social et écolo

Entretien avec Aurore Magnin et Thomas Marechal, fondateurs de partie commune

Lancé à Nantes en octobre 2022, Partie commune est un nouveau syndic qui veut dépoussiérer la gestion des copropriétés pour favoriser le lien social et l’écologie. Accompagné par l’incubateur des Ecossolies en 2022, il se revendique de l’économie social et solidaire et propose ainsi de repenser les espaces collectifs (compost, garages à vélos et jardins partagés) et de mutualiser des biens et services. Pour gérer ces communs et animer des temps conviviaux, Partie commune encourage les copropriétés à créer des associations d’habitants qui incluent les locataires. Enfin, le nouveau syndic incite aussi les propriétaires à privilégier des fournisseurs locaux responsables et à réduire l’empreinte carbone des bâtiments.

Pour convaincre, Partie commune mise sur le soutien des collectivités, des techniques d’animation issue de l’intelligence collective en AG et des forfaits tout inclus. Il gère pour le moment 5 copropriétés sur la Métropole et espère décrocher une cinquantaine de contrats en national d’ici 2 ans. Un sacré défi dans un secteur conservateur mais pourtant crucial et qui concerne près de la moitié des français : 10 millions de foyers en France, 400 000 à l’échelle de Nantes métropole.

Entretien et réalisation : Alexandra Jore

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mercredi 20 octobre 2022

Contraception Essure : des femmes cobayes en errance médicale

Un podcast proposé par Splann !, en partenariat avec le Sonodoc de Jet

Présentés comme l’avenir de la contraception définitive, les implants Essure ont été posés à près de 200.000 femmes en France entre 2002 et 2017. Le dispositif commercialisé par Conceptus puis Bayer semble alors révolutionnaire en comparaison de la ligature des trompes : pas d’anesthésie générale, pas d’hospitalisation, une pause en quelques minutes seulement.

Mais très vite, des voix de femmes s’élèvent pour dénoncer des effets secondaires délétères : fatigue, perte de mobilité, maux de tête, douleurs, saignements, troubles neurologiques… La liste est longue et le lien avec les implants Essure difficile à établir. De nombreuses femmes se retrouvent alors confrontées à une longue errance médicale et à l’indifférence voire au au mépris d’une partie des gynécologues et du corps médical. Ce podcast donne la parole à trois d’entre elles, basées en Bretagne : Sophie, Isabelle et Nathalie

À ce jour, environ 30.000 femmes en France ont subi une ablation des trompes ou de l’utérus, seul moyen de retirer l’implant. Soit 15 % des Françaises qui ont choisi ce moyen de contraception définitive. Une chirurgie traumatique qui, pour la plupart, a entraîné une amélioration presque immédiate de leur état de santé.

Bayer a retiré l’implant du marché français en 2017, puis finalement des États-Unis en 2018. La multinationale avance des « raisons commerciales » et nie toute défectuosité de son produit. Elle a récemment déboursé 1.6 milliards d’euros pour mettre fin aux procédures judiciaires outre Atlantique. Pourtant, des documents en possession du fabricant et des autorités sanitaires depuis plusieurs années, mettent en cause la potentielle toxicité de l’implant

L’intégralité de l’enquête sur les implants Essure est disponible sur le site de Splann !


Entretiens et enregistrements : Rozenn Le Carboulec pour Splann !
Montage et réalisation : Julie Auzou pour Jet asso.
Coordination : Juliette Cabaço Roger et Faustine Sternberg pour Splann !

Mercredi 13 octobre 2022

Documentaire Les Croquantes : des agricultrices de Loire-Atlantique face aux questions de genre

Entretien avec Tesslye Lopez et Isabelle Mandin, réalisatrices, et Emilie Serpiossan, animatrice du groupe Civam et chargée de production pour les films Hector Nestor

Elles sont une dizaine d’agricultrices du 44, avec des pratiques et des âges très divers. Elles se réunissent tous les mois pour débattre, se former et questionner peu à peu un modèle agricole qui peine à leur laisser toute leur place. Portées par les Civam de Loire-Atlantique, ces rencontres en non mixité sont animées par Émilie, également narratrice du film.

Pendant 3 ans, Tesslye Lopez et Isabelle Mandin les ont suivi dans leurs interrogations et leurs cheminements féministes. Du partage d’expériences à la création d’une pièce de théâtre en passant par des ateliers de mécanique, les agricultrices se saisissent peu à peu de leur force collective pour ouvrir de nouveaux imaginaires et créer des solidarités.

Histoire d’une émancipation collective et individuelle, Les croquantes questionne la place des femmes dans le milieu agricole mais aussi plus largement dans le monde rural. Le film est sorti en octobre dans les salles et les granges, avec de nombreuses projections-débats dans toute la France (à retrouver ici).

Croquantes s’inscrit dans un cycle de documentaires d’intervention sociale sur la place des femmes dans leur territoire de vie, rural comme urbain. Il fait suite à Habitantes dédié à la quête de féminisation des espaces publics dans le quartier de Monplaisir à Angers.

Ces documentaires sont portés par les films hector nestor, association de production féminine tournée vers le social et implantée à Nozay, en Loire-Atlantique.

Musique : Régis Langlais, la Joie de la chûte
Interview : Alexandra Jore
Réalisation : Mélissa Le Roy

Mercredi 05 octobre 2022

Mobilisation pour Vincenzo Vecchi et les libertés fondamentales

Entretien avec Anne Durlat, membre du comité de soutien à Vincenzo Vecchi

Ce lundi 11 octobre 2022, la Cour de cassation se prononcera sur la possible extradition en Italie de l’activiste italien Vincenzo Vecchi. Ultime rebondissement d’un long feuilleton judiciaire, ce jugement très attendu questionne la défense des libertés fondamentales en France dans un contexte de poussée de l’extrême-droite en Europe et après la récente accession au pouvoir en Italie de la post-fasciste Giorgia Meloni.

Vincenzo Vecchi a été condamné par contumace à douze ans et demi d’emprisonnement par la justice italienne en 2012. Il a été reconnu coupable du crime de « dévastation et pillage » pour avoir participé à des manifestations lors du sommet du G8 à Gênes en 2001. Ce rassemblement qui a mobilisé plus de 300 000 altermondialistes avait donné lieu à des destructions matérielles (voitures, banques, stations services, etc.) mais aussi à une répression policière qualifiée par Amnesty International de « plus grande violation des droits humains et démocratiques dans un pays occidental depuis la Seconde Guerre mondiale » (600 blessés, un mort). Une loi italienne, héritée de l’époque de Mussolini, permet alors de juger tout manifestant comme complice des destructions matérielles, sans nécessité de démontrer sa participation active. Vincenzo Vecchi fait partie des 10 altermondialistes condamnés à de lourdes peines et se réfugie en France pour échapper à la prison.

Aujourd’hui âgé de 52 ans ans, Il vit en Bretagne, à Rochefort-en-terre, et travaille dans l’éco-construction. L’Italie a émis un mandat d’arrêt européen à son encontre en 2016, une procédure généralement utilisée dans les affaires de terrorisme et de grand banditisme. Deux Cours d’appel, celle de Rennes (2019) puis celle d’Angers (2020), ont rejeté cette demande d’extradition aux motifs que le crime de « dévastation et pillage » tel que défini dans la loi italienne n’avait pas d’équivalent en droit français et qu’il existait une disproportion de peine.

Le parquet a fait appel et l’affaire Vincenzo Vecchi se joue désormais en Cour de cassation. Cette dernière a sollicité un avis de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) qui a estimé en juillet 2022 qu’« une correspondance parfaite » entre la loi italienne et la loi française n’était pas requise pour valider l’extradition et qu’il ne revenait pas « à l’autorité judiciaire d’exécution, (…) d’évaluer la peine prononcée dans l’État membre d’émission au regard du principe de proportionnalité des peines ». La CJUE privilégie ainsi la coopération judiciaire européenne à la liberté de manifester. Un précédent dangereux et qui pourrait être utilisé à l’encontre d’autres libertés fondamentales tel que l’accès à l’IVG d’après les soutiens de Vincenzo Vecchi. La Cour de cassation doit maintenant décider si elle renvoie l’affaire vers une Cour d’appel ou si elle ordonne l’application du mandat d’arrêt européen et donc l’extradition vers l’Italie de Vincenzo Vecchi.

Départs d’usines : photoreportages dans le Nantes des années 70 à 90

Entretien avec Xavier Nerrière, iconographe et commissaire d’exposition (à partir de 28min et 50 sec).

Du 27 septembre au 19 novembre, l’exposition Départs d’usine. 1970-1990. Les photojournalistes nantais témoignent propose une plongée au cœur du Nantes des années 80 en pleine désindustrialisation. Délocalisation, fermeture ou encore démolition d’usines et ouvrières et ouvriers en colère… Près de 200 clichés en noir et blanc pris par des photojournalistes nantais de l’époque témoignent de la disparition de tout un pan de l’histoire nantaise

L’exposition est proposée par Le passage Sainte Croix et la Rue de la grue noire (Nantes en noir et blanc) dans le cadre de la Quinzaine photographique nantaise.

Musique : Lucio Battisti, Una poltrona, un bicchiere di cognac, un televisore, 35 morti al confine tra Israele e Giordania

Réalisation : Alexandra Jore

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Mercredi 28 septembre 2022

Les métiers de l’humain en pleine crise

50 000 emplois non pourvus dans le soin et le secteur social en France, 150 000 à l’horizon 2025.

Ce sont les chiffres mis en avant par les professionnels associatifs et mutualistes qui alertent en ce moment le gouvernement sur les risques de “déserts sociaux”. Ils réclament notamment l‘extension de la prime Ségur (183€ nets mensuels) à tous les salariés du secteur (600 000 personnes, 70 corps de métiers ) et plus globalement une revalorisation salariale à la hauteur de l’inflation (6%).

Les conséquences de la pénurie de salariés sont elles d’ores et déjà perceptibles en terme d’accès aux soins et à l’accompagnement pour les plus vulnérables tels que les enfants et les jeunes en difficultés, les personnes âgées ou en situation de handicap, les personnes à la rue ou encore les réfugiés (15% de la population française nécessite un accompagnement quotidien).

En Pays de la Loire, une dizaine d’organisations sociales, médico-sociales, sanitaires et de l’insertion professionnelle se mobilisent ce mercredi 28 septembre. Les responsables de ces structures privées à but non lucratif vont donc remettre symboliquement les clefs de leurs établissements à la préfecture de Région et solliciter un entretien avec les représentants de l’État.

Pour faire le point sur cette crise des vocations sociales en national mais aussi et surtout en local, Megaphone accueille 4 invités :

  • Peggy Jehanno, directrice de l’Uriopss Pays de la Loire (Union Régionale Inter-fédérale des Organismes Privés Sanitaires et Sociaux : plus de 700 établissements dans les domaines de l’enfance et de la famille, de l’insertion, de la santé, du handicap, des personnes âgées et de la formation des travailleurs sociaux.).
  • Ludovic Husse, délégué général d’Axess Pays de la Loire (Axess regroupe la Fehap et Nexem : plus de 300 000 salariés en France dans le secteur social et médico-social).
  • Juliette Gatignon, de la Fas Pays de la Loire (Fédération des acteurs de la solidarité : 67 organismes et 1 600 salariés en local qui œuvrent dans l’accompagnement social avec l’insertion par l’activité économique, les logements d’urgences, le 115,…).
  • Bernard Malette, président de l’Unapaei Pays-de-la-Loire (regroupe les proches des personnes atteintes de handicap intellectuel et plus de 6 700 salariés dans la région).

La Maison du Peuple de Nantes renait

Née dans le sillage des gilets jaunes, la maison du peuple de Nantes (MDP) a squatté pendant plus de 2 ans un collège désaffecté dans le centre de Nantes. Autoproclamé “centre social autogéré”, la MDP offrait de l’hébergement pour les personnes à la rue, des activités culturelles, sportives et solidaires en tous genres et des locaux pour une vingtaine d’associations sociales et écologistes (regroupées sous le nom de “La Base“). Expulsée pendant l’été 2021, la Base-MDP vient d’obtenir de la Ville de Nantes, la mise à disposition d’un local quartier Doulon à Nantes.

Pour y faire quoi ? Éléments de réponse avec Manon Souquet et Alice Landas, bénévoles militantes.

Le bistrot la Perle repris par une association

Situé en plein centre de Nantes, à Commerce, dans la bien nommée venelle du Port-au-vin, la Perle accueille depuis plus de 30 ans des expo, concerts et ateliers. Un lieu de créations, de rencontres insolites et militantes que les habitués refusaient de voir disparaître avec le départ en retraite de son gérant, Lolo. Ils poursuivent donc l’aventure sous forme associative. Le collectif a d’ores et déjà récolté près de 9 000 € sur un objectif de 25 000€ et vient de recevoir le soutien financier de France active.

Un reportage proposé par Julien Bellanger.

Musique : Ton Steine Scherben Rauch- Haus Song

Réalisation d’émission : Alexandra Jore