Esperluette

Chaque lundi après 18h, entretiens, lectures, chroniques, autour du dessin, de la littérature.

Sommaire

Saison 2023 – 2024

Lundi 27 mai à 18h10: De si jeunes hommes, rencontre croisée entre Adrien Girault & Clément Rossi.

De retour du deuxième festival littéraire Les Affluents à Ancenis, je vous propose la diffusion d’une rencontre croisée entre deux écrivains qui viennent de publier deux livres qui croisent le même sujet: l’adolescence et la jeunesse adulte dans la construction masculine. le deuxième roman de Clément Rossi est intitulé La Voix D’Homme et a paru chez Gallimard en octobre 2023 de même que le troisième roman d’Adrien Girault qui s’intitule Justin Coudures, paru aux éditions de l’Ogre.

S’ils partagent une même thématique et une progression dramatique équivalente, les deux auteurs nantais développent une écriture singulièrement différente, par leur approche du langage notamment.

La rencontre publique s’est tenue dans la Chapelle des Ursulines d’Ancenis le samedi 25 mai dans l’après-midi.

Contrepoint musical: Ferdinand / L’Adolescent Elancé (En Avant, 1981)

Lundi 20 mai à 18h10: Être Mère, une rencontre avec Julia Kerninon & Louise Browaeys.

Jeudi 16 mai en soirée à la librairie Durance de Nantes, Julia Kerninon & Louise Browaeys venaient présenter le livre collectif Être Mère, tout juste publié aux éditions L’Iconoclaste, un ouvrage coordonné par Julia qui convie six autrices à partager en littérature leurs expériences, leurs réflexions sur la grossesse, la maternité, les enfants et l’impact social, politique et créatif que produit l’arrivée d’un nouveau né dans un foyer. Accompagnées des questions de la libraire Hélène Clairat, les deux autrices échanges très librement sur le sujet avec le public présent.

Cet enregistrement est émaillée de quelques sélections musicales: PJ Harvey / I Think I’m A Mother, Arlt / Je Voudrais Être Mariée & Françoiz Breut / Les Jeunes Pousses

Lundi 13 mai à 18h10: Paul Auster, deux lectures hommages.

Sans chercher à ajouter plus de voix au concert d’éloges médiatiques suite à la disparition du romancier américain, les livres de Paul Auster m’ont pour certains durablement marqué et ont pu constituer un socle de référence. Je me replonge donc avec plaisir dans deux romans qui m’ont remué à leurs sorties, Mr. Vertigo en 1994 et Le Livre des Illusions en 2002, tous deux traduits par Christine Le Boeuf pour les éditions Actes Sud. Lecture de deux larges extraits accompagnés des sélections musicales suivantes: Lionel Hampton & Esquire All Stars / Flying On A V Disc et Kevin MacLeod / Mr Nobody (bonus vidéo ici)

Lundi 06 mai à 18h25: Gwen de Bonneval, une rencontre.

Scénariste pour certain.e.s, dessinateur pour d’autres, responsable d’édition à différents niveaux (la revue Capsule Cosmique, les éditions Sarbacane, le mensuel numérique Professeur Cyclope…), Gwen de Bonneval habite la bande dessinée et en bande dessinée depuis trois décennies. Si son histoire personnelle a pu traverser ses récits depuis toutes ces années il aborde cependant pour la première fois avec Philiations un questionnement autobiographique qu’il porte seul.

Publié aux éditions Dupuis et conçu en deux tomes, ce récit qui entremêle la petite et la grande histoire en différentes temporalités vécu par l’auteur prend sa source dans les questionnements et inquiétudes de Gwen de Bonneval face à l’écocide en cours, aux effondrements systémiques liés à l’impact de l’humain sur son environnement, à la collapsologie et la recherche de sens qui en découle. Partant de ces réflexions, l’auteur décrypte son propre vécu, ses liens de famille, son enfance, sa paternité, dans des pages qui entretissent par un subtil jeu de bichromies le temps présent et les souvenirs.

Le premier volet du dyptique Philiations est sorti le 29 mars 2024 et le 23 avril en soirée, Gwen de Bonneval en faisait une présentation publique dans la librairie ParChemins de Saint-Florent le vieil, commune du bord de Loire où Gwen vit depuis quelques années.

Cette émission reprend l’enregistrement de cette rencontre émaillée de quelques sélections musicales suggérées par Gwen de Bonneval: Elvis Perkins / While You Were Sleeping, Sibylle Baier / Tonight & Tom Tom Club / Genious Of Love.

Mercis: Michèle Germain de la librairie ParChemins, Gwen de Bonneval.

Lundi 29 avril à 18h10: Sylvain Chantal et l’écriture.

Auteur d’un troisième livre pour les éditions le Dilettante, Comédie en sous-sol, qui sort début mai, Sylvain Chantal est un écrivain amusé. Qui aime à se faire rire en écrivant, qui n’hésite pas longtemps devant un bon mot, qui ne recule devant aucun calembour et qui manie la digression de main de maitre, à la cravache pourrait-on dire. Pour autant, si la forme s’amuse avec la langue, casse les codes, marie de force langage soutenu et oralité familière, le fond n’en reste pas moins pertinent et précis sur les petits travers de l’âme humaine, une comédie de moeurs aurait-on écrit dans les années 1980, qui se déploie de belle manière depuis trois livres, à la fois tendre et cruel envers ses personnages derrière lesquels on reconnait volontiers l’auteur Sylvain Chantal.

Comédie en sous-sol est un faux polar, le récit d’un isolement absurde, un enchainement de situations plus ou moins catastrophiques écrit avec une légerté déconcertante.

Le mardi 16 avril dernier à Nantes nous avons enregistré une conversation Sylvain et moi, qui revient sur ce dernier livre, détaille un peu du travail d’écriture et passe par quelques digressions ou anecdotes.

En contrepoint des extraits des lectures musicales Turco et Fièvre de Cheval, ainsi que trois épisodes du feuilleton Le scénario sur Prince puis deux sélections musicales: The La’s / Who Knows & The Slow Sliders / I’m Dead Anyway.

Lundi 22 avril à 18h10: les cinq sens selon Etienne Davodeau

Le jeudi 11 avril dans la bibliothèque de la Maison Julien Gracq à St Florent le Vieil, à l’invitation de la librairie ParChemins, l’auteur de bande dessinée Etienne Davodeau venait partager en public les impressions, réflexions et impulsions qui ont conduit son dernier ouvrage en date: Loire (éditions Futuropolis).

Considérant que ce récit de fiction est particulièrement sensoriel, nous avions construit la rencontre comme une exploration des cinq sens pour laquelle Etienne Davodeau proposait de partager quelque chose pour l’oeil, pour l’oreille, pour le nez, pour la bouche et pour les doigts.

L’enregistrement de cette rencontre diffusée dans la présente émission se conclu avec un morceau de Titi Robin Trio Nargis, Bouzouq Por Tangos.

Merci à Michèle Germain de la librairie ParChemins & Jérémy Fabre et l’équipe de la Maison Julien Gracq.

Lundi 15 avril à 18h25: Marielle Macé, une rencontre

Le mercredi 10 avril 2024 vers 19h se tenait en la librairie Durance à Nantes une rencontre publique avec l’autrice Marielle Macé. Principalement axée sur son dernier essai en date, Respire, aux éditions Verdier, la discussion faisait aussi quelques écarts vers les précédents livres dont Nos Cabanes chez le même éditeur ou encore Une Pluie d’Oiseaux aux éditions José Corti.

J’avais le plaisir d’animer cette rencontre que nous avons ponctué de quelques extraits sonores: le poète Olivier Cadiot, la Loire à Paimboeuf, le film d’animation Air! de Paul Driessen, quelques oiseaux…

En conclusion et contrepoint j’ajoute ici le morceau Raffinerie (Metal Sur Mer) de Ô Paon.

Merci à Marielle Macé de ses généreuses réponses et à Delphine Ripoche et l’équipe de la librairie Durance pour l’accueil.

Lundi 08 avril à 18h10: Nicolas de la Casinière, dessinateur.

Le CRS cet inconnu, 1968

Connu sur la région nantaise pour son travail de journaliste d’investigation et pour être le directeur de publication de La Lettre à Lulu – irrégumomadaire satirique qui, avec l’appui du dessin en grande partie, s’attache depuis de nombreuses années à traquer les malversations et magouilles politico-culturo-financières qui ne manquent pas de fleurirent dans la région – Nicolas de la Casinière est aussi un dessinateur polymorphe qui publie depuis l’orée des années 1970 et dans des organes souvent militants des dessins, des strips, des bandes dessinées, des récits qui, s’ils ne sont pas toujours directement politiques grattent tout de même la société en passant parfois par l’absurde et l’expérimentation.

Castors Profondine St Sé, 1991

J’avais pu notamment repérer son travail en bande dessinée dans les revues Le Lynx A Tifs publiées à la fin des années 1980 ainsi que plus récemment dans le collectif Hopital Public aux éditions Vide Cocagne, il sera également au générique d’un collectif autour du féminisme qui sort très bientôt chez Glénat. Nicolas de la Casinière est donc un peu partout et un peu nulle part dans le paysage éditorial dessiné et c’est précisémment ce rapport intime au dessin que je suis allé questionner en sa compagnie le 03 avril au matin à son domicile nantais.

collectif à paraitre, Glénat, 2024.

Pour accompagner cet entretien, Nicolas a choisi de la musique:

  • Lynn Collins / Take Me Just As I Am
  • Archie Shepp / Attica Blues
  • Betty Davis / I’m Ready, Willing Able
  • Jackie Shane / Any Other Way
  • Ornette Coleman / Ramblin’

Lundi 1er avril à 18h05: Respire, de Marielle Macé (une lecture)

Respire est un essai de Marielle Macé publié en 2023 aux éditions Verdier, son troisième pour cet éditeur après Sidérer, Considérer, Migrants en France, 2017 et Nos Cabanes.

Respire questionne l’air, la respiraton, l’inspiration, l’expiration, la suffocation, en termes physiologiques, environnementaux, poétiques et politiques, dans un même souffle.

Respire devient ici une lecture de longue haleine, émaillée de fragments du morceau Golden Air de Syd Barrett et conclue par Raffinerie (Métal sur Mer) de Ô Paon.

Marielle Macé est invitée à Nantes par la librairie Durance pour une rencontre publique mercredi 10 avril à 19h.

Lundi 18 mars à 18h10: Porter la voix, un atelier à la médiathèque L’Echappée (Les Sorinières)

Le samedi 16 mars au matin, en écho au Printemps des poètes, un atelier de lecture à voix haute se déroulait dans la médiathèque L’Echappée aux Sorinières.

Quel bel exercice de renouer avec la lecture à voix haute, que certaines et certains n’ont pas pratiqué depuis les bancs scolaires !
Et qu’y récitait-on sur l’estrade, le genou flageolant et la voix tremblotante ? De la poésie ! Sous la forme de lectures à voix haute dirigées par quelques contraintes créatives et ludiques, animées par Nina Helleboid (créatrice sonore, chroniqueuse, autrice) et Henri Landré (programmateur/animateur Jet FM), les lectrices et lecteurs volontaires ont offert leurs voix comme écrin aux mots des poètes.

Les brillant.e.s participant.e.s: Dominique, Virginie, Yves, Mickaël & Robin.

Les livres: Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus de Richard Brautigan ; Tulipe de Sophie Guerrive; Une sorte de lumière spéciale de Maude Veilleux; Last Call Les Murènes de Maude Veilleux; Le Cœur pur du barbare de Thomas Vinau; Le sens de la vie et ses frères de Eric Veillé; Les gens qui osent de Melanie Leblanc + Magali Dulain; Maman apprivoisée de Genevieve Elverum; Mes forêts suivi de Le paysage, l’intime, la poésie de Hélène Dorion; Mon poémier, poèmes choisis par Orianne Lalleman; Il pleut des étoiles dans notre lit, cinq poètes du Grand Nord de Inger Christensen, Pentti Holappa, Tomas Tranströmer… Je souhaite seulement que tu fasses quelque chose de toi de Hollie McNish; Je t’aime comme de Milène Tournier; La grande aventure de Victor Pouchet ; Eau de Albane Gellé ; Embrasse-moi de Jacques Prévert ; Éros émerveillé, anthologie de la poésie érotique française; Et pourtant je m’élève de Maya Angelou; À la ligne, feuillets d’usine de Joseph Ponthus; Banquise : Haïkus pour les enfants de Patrick Gillet; Bonjour veaux vaches cochons de Olivier Douzou & Frédérique Bertrand; Cent onze haiku de Bashō.

Mercis à Nina Helleboid & Robin Godicheau pour la complicité de cette matinée.

Lundi 11 mars à 18h10: Marie Boisson (51e fibd d’Angoulême)

Autrice d’un epoustoufflant premier livre de bande dessinée paru en novembre 2023, Bianca & La forêt des parents égarés (éditions Misma), Marie Boisson n’en est pas à son coup d’essai puisqu’elle a publié un livre jeunesse, La Visite, aux éditions du Rouergue et un premier récit hybride, Horripilons, les Comme-il-faut, publié à compte d’autrice.

Récit initiatique tout à la fois fantaisiste et profond, psychanalytique et magique, (Lewis) Carollien et Kafkaïen, débridé et maitrisé, Bianca et la forêt des parents égarés est une très belle expérience de lecture qui utilise à la fois les codes de la bande dessinée et les bouleverse dans le même temps avec amusement, que ce soit graphiquement ou dans la narration.

J’étais donc assez impatient de rencontrer Marie Boisson pour discuter avec elle de cette première bande dessinée, ce qui fût fait le vendredi 26 janvier 2024 dans l’après-midi, à Angoulême, lors de l’incontournable festival international de la bande dessinée.

Pour accompagner cet entretien nous écoutons quelques choix musicaux qui pour la plupart font écho à Bianca: Claude Nougaro / Tu verras, Luigi Tenco / Vedrai Vedrai, Louis Chedid / T’as Beau Pas Être Beau & Ney Matogrosso / Transpiração.

Lundi 26 février à 18h05: Frédéric Coché (Atlantide)

Publié principalement aux éditions Frémok depuis l’orée des années 2000, Frédéric Coché développe un univers unique dans la bande dessinée contemporaine, notamment par sa technique de gravures à l’eau forte et ses narrations surprenantes faites de confrontations d’images.

Invité lors de l’édition 2024 du festival Atlantide à Nantes, en partenariat avec Maison Fumetti, Frédéric Coché s’est prêté au jeu de l’explication de texte et d’images surtout à travers un commentaire de six de ses œuvres aux formes narratives variées : 𝘏𝘰𝘳𝘵𝘶𝘴 𝘚𝘢𝘯𝘪𝘵𝘢𝘵𝘪𝘴, 𝘝𝘪𝘦 𝘦𝘵 𝘔𝘰𝘳𝘵 𝘥𝘶 𝘏é𝘳𝘰𝘴 𝘛𝘳𝘪𝘰𝘮𝘱𝘩𝘢𝘯𝘵𝘦, 𝘓𝘢 𝘔𝘰𝘳𝘵 𝘥𝘶 𝘙𝘰𝘪, 𝘓’𝘏𝘰𝘮𝘮𝘦 𝘈𝘳𝘮é𝘦, 𝘉𝘳𝘺𝘯𝘩𝘪𝘭𝘥𝘳 et 𝘓’𝘈𝘭𝘮𝘢𝘨𝘦𝘴𝘵𝘦.

Une rencontre préparée par Tangui Jossic, comme une plongée dans cet univers graphique corrosif où les morts sortent de terre au rythme d’incantations latines, où la peinture renaissante cotoie Wagner, où les superhéros sont triomphantes

Un enregistrement public animé par Tangui Jossic et Henri Landré dans le cadre du festival Atlantide le vendredi 16 février dans l’après-midi.

Nous avions demandé à Frédéric de choisir quelques morceaux de musique pour illustré chacun des livres voici ses réponses:

“[…] il y a quelques livres pour lesquels c’est assez évident: 

pour l’homme armée, la messe de l’homme armé. personnellement, j’aime beaucoup l’enregistrement Dufay/Pécou.

pour Brynhildr, un extrait du ring de Wagner ?

Pour l’Almageste, j’hesite entre le Bonheur, de Brigitte Fontaine ou sucer des piles des And the…

pour Hortus Sanitatis j’hesite entre persimon tree de Dark Mark et Not Waving ou  so el encina

pour la mort du roi… du Purcell? music for the funeral of queen Mary ou bien un extrait de la chanson if the poison won’t take you, my dogs will, de lingua ignota

pour Vie et Mort du Héros Triomphante nothing going to happen des Tall dwarfs

et pour la blague, si on avait parlé de ars simia natuare, on aurait pu mettre j’ai acheté un saucisson de Anne Laplantine.”

Lundi 19 février à 18h05: Auður Ava Ólafsdóttir (Atlantide)

Auður Ava Ólafsdóttir était invitée du festival Atlantide à Nantes du 15 au 18 février et j’avais le plaisir d’animer une rencontre en sa compagnie en la librairie La Vie Devant Soi, le jeudi 15 février à 19h.

Autrice de huit romans tous traduits aux éditions Zulma, Auður Ava Ólafsdóttir approfondit depuis une quinzaine d’années une observation fine de l’être humain dans ses comportements les plus subtiles, développant avec une belle délicatesse, de l’émotion et un humour distant des personnages sensibles qui chaque fois traversent un moment de changement puissant.

Son dernier livre, Eden, est le second d’un tryptique débuté avec La Vérité Sur La Lumière, questionnant la langue là où le premier s’intéressait à la lumière (et le troisième s’occupera du temps).

La rencontre se conclue avec une vaste playlist de références glanées dans cinq romans de l’autrice, L’Exception, Ör, Miss Islande, La Vérité sur la Lumière & Eden: Johannes Brahms, Franz Liszt, David Bowie, The Beatles, Elvis Presley, Lana Del Rey, Leonard Cohen, Franz Liszt de nouveau, Eagles, & Ella Fitzgerald.

Mercis: Charlotte, Etienne & Pierre (La Vie Devant Soi), Valentin (Zulma) et bien sûr Auður Ava.

Lundi 12 février à 18h15: Etienne Chaize (51e fibd d’Angoulême)

Dessinateur et auteur de bande dessinée au travail minutieux et étonnant, par l’ampleur des projets, la recherche graphique, l’importance des décors et de la couleur, Etienne Chaize a publié quatre livres aux éditions 2024: Quasar contre Pulsar avec Alexis Beauclair & Mathieu Lefèvre, Boule de Feu avec Anouk Ricard, Helios et le tout récent Ether. C’est principalement de ces deux derniers livres dont nous parlons dans ce vaste entretien enregistré le jeudi 25 janvier 2024 à Angoulême durant le festival international de la bande dessinée. Helios et Ether sont tous deux publiés dans un grand format 30×40 cm qui fait la part belle aux images, au dessin, à une narration qui passe d’avantage par le trait que par les mots. Mais les deux livres sont aussi le contrepoint l’un de l’autre, techniquement pour le moins. Car si les deux récits sont initiatiques et promènent des personnages investis d’une mission au sein de paysages immenses, le traitement graphique qu’à utilisé Etienne Chaize diffère radicalement: en numérique pour Helios, tout au crayon pour Ether. Trois ans de travail pour ce dernier livre qui brasse de manière métaphorique, symbolique et presque mythologique les questionnements liés au vivant, au devenir de l’espèce, la transmission et la filiation, les traces et signes que laisse l’humain.

Comme contrepoints musicaux nous écoutons Popol Vuh / Aguirre I (L’Acrime Di Rei) (Aguirre La Colère de Dieu ost), Silent Poets / Asylums For The Feeling (Death Stranding ost), Shiro Sagisu / Metamorphosis (Evangelion: 3.0+1.0 Thrice Upon a Time ost), Shinzsuke Kazato / Lum No Omolyari (Urusei Yatsura, Only You ost)

Lundi 05 février à 18h05: Chris Oliveros & Luc Bossé (51e fibd d’Angoulême)

Une conversation avec deux éditeurs canadiens, deux passionnés de livres et de création en bande dessinée, deux expériences complémentaires à quelques décennies d’écart.

Chris Oliveros fonde les éditions Drawn & Quarterly à Montréal en 1989 et publie en anglais la scène contemporaine et underground, Julie Doucet, Seth, Chester Brown, Joe Matt, Daniel Clowes, Chris Ware… entre autres. Il quitte son travail d’éditeur en 2015 pour se consacré à son travail d’auteur trop longtemps resté entre parenthèses.

Luc Bossé fonde les éditions Pow Pow en 2010 à Montréal et publie en français la jeune création québecquoise principalement, Julie Delporte, Cathon, Richard Suicide, Pascal Girard, Catherine Ocelot… entre autres.

La rencontre des deux éditeurs s’est faite notamment très récemment autour du livre de Chris Oliveros, Mourir Pour la Cause, Révolution dans le Québec des années 1960, publié simultanément en anglais chez Drawn & Quarterly et en français chez Pow Pow. Le livre relate une période méconnue de l’histoire du Québec et de Montréal, la constitution du Front de Libération du Québec au milieu des années 1960 et la salve d’actions terroristes qui s’ensuit dans une lutte qui oppose les francophones aux anglophones, les premiers réclamant des droits et moyens équivalents aux seconds. Avec un dessin précis, minutieux, caricatural et symboliste à la fois, Chris Oliveros déploie son récit comme un vrai/faux documentaire avec témoignages et contrepoints qui montrent la complexité de la période.

Profitant de la présence des deux hommes au festival international de la bande dessinée d’Angoulême je les ais réuni autour d’un micro le samedi 27 janvier 2024 en fin de journée. Nous évoquons tout d’abord cette singulière histoire révolutionnaire québequoise qui fait le récit du livre de Chris avant de mener une discussion croisée sur l’édition indépendante de bande dessinée.

Contrepoints musicaux: Raymond Lévèque / Bozo Les Culottes et Les Cowboys Fringants / La Manifestation.

Lundi 29 janvier à 18h15: Exposition Moto Hagio avec Xavier Guilbert (51e fibd d’Angoulême)

C’est l’une des expositions phares de la 51e édition du festival international de la bande dessinée d’Angoulême qui vient de se refermer ce dimanche 28 janvier 2024: Moto Hagio, au-delà des genres, une vaste retrospective du travail étonnant de cette mangaka qui publie depuis 1969 une oeuvre foisonnante qui séchappe volontiers au fil des années des carcans dans lesquelles elle a pris corps.

Une autrice très influencée par la littérature qui parsème son oeuvre de quelques références et aborde également par métaphore – et parfois plus frontalement – sa difficile relation à ses parents qui l’inciteront toute leur vie à cesser sa pratique du manga. Largement reconnu et récompensée pour son travail – notamment la saga Le Clan Des Poe qu’elle poursuit actuellement, 40 ans après ses débuts – Moto Hagio a reçu lors de ce 51e festival de la bande dessinée un fauve d’honneur pour l’ensemble de son oeuvre.

L’exposition, installée à l’étage du Musée d’Angoulême, est visible au-delà du festival jusqu’au 17 mars 2024 et nous en faisons le tour micro en main avec Xavier Guilbert, co-commissaire avec Léopold Dahan de cette vaste retrospective, animateur du très bon site Du9.org, une référence critique à propos de la bande dessinée.

Une visite enregistrée le vendredi 26 janvier 2024, complétée par un extrait de la masterclass que Moto Hagio donnait le jeudi 25 janvier en compagnie de Xavier Guilbert & Léopold Dahan et des extraits du Sacre du Printemps de Stravinsky.

Lundi 22 janvier à 18h15: David Wahl (Nature Nomade)

Lundi 15 janvier à 18h10: Nina Lechartier

Autrice de trois bandes dessinées aussi suprenantes que formidbles aux impeccables éditions Magnani, Nina Lechartier réside à Nantes et travaille au sein de l’atelier Radar. Prenant le prétexte d’une rencontre dédicace prévue ce vendredi 19 janvier en la librairie Coiffard, à l’occasion de la sortie récente de Carnaval à Idaberg, je suis allé enregistrer Nina dans son atelier de la rue Geoffroy Drouet samedi 13 janvier au midi, une conversation que nous envisagions depuis quelques temps déjà.

Le travail de peinture de Nina Lechartier se développe depuis son premier livre, Un Soir de Fête, recueil d’histoires courtes dans des gammes de couleurs vives et puissantes qui donnent corps à des personnages très marquants au sein d’un univers souvent étrange mais pas déconnecté d’une certaine réalité. Dès son deuxième livre L’Invité Fantastique Nina prouve qu’elle est également à son aise dans de longs récits, ce qu’elle confirme avec Carnaval à Idaberg, 130 pages d’une envoutante dérive amoureuse, extraterrestre et complotiste.

Les choix musicaux de Nina qui complètent cet entretien sont: Malchik Hochet V Aambov / Murat Nasyrov, MGMT / Art Is Everywhere, Kate Fagan / I Don’t Wanna Be Too Cool, Pelada / No Hay & Doraus Und Die Marinas / Fred Vom Jupiter.

Nina Lechartier est à l’honneur de l’exposition Ligne(s) de Départ en compagnie de Chloé Wary, Lisa Blumen & Jérémy Perrodeau lors du 51e festival international de la bande dessinée d’Angoulême, du 25 au 28 janvier prochain.

Lundi 08 janvier à 18h05: Clément Rossi

La Voix D’Homme est le deuxième roman de Clément Rossi, publié en octobre 2023 aux éditions Gallimard dans la collection Sygne, quatre ans après La Dissonante.

L’auteur, qui réside à Nantes, y fait le récit d’un adolescent introverti, Camille, qui à l’orée des années 2000 va glisser vers la jeunesse adulte en empruntant les chemins initiatiques particuliers d’une connivence masculine voire masculiniste, cherchant une émancipation sociale et sexuelle qu’il peine à atteindre. Roman narré à la première personne, gorgé d’une langue subtile que manie avec plaisir Clément Rossi, La Voix d’Homme est un récit tout en ambivalence, évitant les oppositions faciles et les raccourcis binaires, offrant une épaisseur psychologique pertinente à ses personnages.

Clément Rossi est l’invité de cette émission Esperluette et a choisi quelques sélections musicales pour agrémenter notre conversation: Wings / Let Me Roll It, Bulgarian Folklor / Kaval Sviri, Fiona Apple / I Want U To Love Me, Nils Frahm /

Lundi 25 décembre à 18h20: Reliefs

Quatre lectures pour terminer l’année et mettre en avant le très beau travail éditorial des éditions Reliefs.

  • La Vierge des Glaciers, extrait des Contes Danois de Hans Christian Andersen, traduit par Ernest Grégoire & Louis Morand (Reliefs n°18, Glaciers). Musique: Francis Lai / Filles du Soleil (compilation La Cave Saravah, 2006)
  • Le Héron Blanc, une nouvelle de Sarah Orne Jewett, traduit par Cécile Roudeau (Reliefs éditions). Musique: Facteurs Chevaux / L’Oiseau (compilation La Souterraine, Frappe Ton Coeur, 2018)
  • Kew Gardens, une nouvelle de Virginia Woolf, traduit par Agnès Desarthe (Reliefs éditions). Musique: Donovan / The Garden (Sutras, 1996)
  • Au Spitzberg et à la Banquise, extrait du journal de Jules Leclerc (Reliefs n°18, Glaciers). Musique: Chris Watson / Vatnajökull (Weather Report, 2003)

Lundi 18 décembre à 18h10: Etienne Davodeau

Auteur de bande dessinée qui oeuvre depuis le mitant des années 1990, Etienne Davodeau a été reconnu pour son très pertinent travail de documentaire dessinée, avec le succès de Rural notamment puis des Mauvaises Gens à l’orée des années 2000, il a depuis confirmé une veine sociale et politique sans pour négliger le poétique et le sensible, et qui le fait alterner depuis quelques décennies les récits de fiction et de non-fiction tels Lulu Femme Nue ou Les Ignorants.

Installé dans la région angevine, ce sont les lumières de la Loire qu’Etienne Davodeau a souhaité rendre puissantes et présentes dans son dernier livre en date, le justement nommé Loire (éditions Futuropolis), une fiction qui déploie comme rarement son dessin et ses couleurs et l’amène sur de très délicates terres sensorielles.

Comme en contrepoint, son livre précédent, Le Droit Du Sol (éditions Futuropolis), documentait en noir et blanc et avec un texte conséquent une marche de l’auteur depuis la grotte de Pechemerle jusqu’à Bure, une non-fiction politique et sociale.

Etienne Davodeau était l’invité de la Librairie Durance à Nantes, le 29 novembre 2023 dans le cadre du programme Lire en Circuit Court proposé par Mobilis, j’avais le plaisir d’animer (bien enrhumé) cette rencontre publique dont nous écoutons ici l’enregistrement.

En contrepoints sonores, un peu de sons environnementaux, La Loire un morceau de Dominique A. et un concert de Titi Robin & Ma Gavali à la collègiale de Saint-Martin.

Lundi 11 décembre à 18h05: Maxime Aumon (Nature Nomade)

Nature Nomade, le rendez-vous nantais des grands voyageurs refermait sa septième édition ce dimanche 12 novembre au sein du Museum (d’Histoire Naturelle) de Nantes. Durant plusieurs jours se sont succédé.e.s autrices et auteurs qui venaient partager leurs expériences du monde contemporain, des géographies particulières, des rencontres marquantes, par la voix de la littérature, de la photo, du film ou du dessin.

Maxime Aumon était invité pour présenté son livre Gravir La Toundra, recueil de plusieurs voyages effectués sur une vingtaine d’annés, depuis la fin de l’adolescence, toujours plus vers l’est, avec cette particularité de construire pour chaque périple une “machine” qui rend l’avancée singulière, poétique certes mais aussi éminemment politique et social. Des échasses, un lit roulant, un drôle de radeau, un bison cyclette, un avion sans ailes, autant de drôle de machine sorties du cerveau fertile et des rêves d’enfance de Maxime. Le livre Gravir La Toundra (éditions Elytis) rassemble de nombreuses photos des voyages et le récit très soigneusement écrit de chacun de ces moments.

Un enregistrement public réalisé le samedi 11 novembre au midi dans L’Amphithéâtre de Nature Nomade.

Lundi 04 décembre à 18h05: Titaua Peu (Nature Nomade)

Nature Nomade, le rendez-vous nantais des grands voyageurs refermait sa septième édition ce dimanche 12 novembre au sein du Museum (d’Histoire Naturelle) de Nantes. Durant plusieurs jours se sont succédé.e.s autrices et auteurs qui venaient partager leurs expériences du monde contemporain, des géographies particulières, des rencontres marquantes, par la voix de la littérature, de la photo, du film ou du dessin.

Titaua Peu était peut-être l’invitée phare de ce festival, venue spécialement de Polynésie elle s’est prêtée volontiers au jeu de nombreuses rencontres en amont du festival, dans les bibliothèque du département. Elle y discutait notamment de son deuxième livre Pina (éd° Au Vent Des Iles) mais revenait aussi volontiers sur son premier, Mutisme, écrit dix ans auparavant. Des récits politiques et sociaux qui renversent la carte postale post colonialiste que nos imaginaires se font de Tahiti. Questionnée par Alexandra Jore, Titaua Peu parle depuis son vécu, prend la parole pour celles et ceux qui ne l’ont pas.

Un enregistrement public réalisé le samedi 11 novembre en fin de journée au sein de L’Amphithéâtre de Nature Nomade.

En complément de cet entretien nous écoutons le Mirage Nucléaire, épisode 5 de la mini-série radiophonique Nos Mémoires, écrit par Titaua Peu.

Lundi 27 novembre à 18h10: Nicolas Rouillé (Nature Nomade)

Nature Nomade, le rendez-vous nantais des grands voyageurs refermait sa septième édition ce dimanche 12 novembre au sein du Museum (d’Histoire Naturelle) de Nantes. Durant plusieurs jours se sont succédé.e.s autrices et auteurs qui venaient partager leurs expériences du monde contemporain, des géographies particulières, des rencontres marquantes, par la voix de la littérature, de la photo, du film ou du dessin.

Nicolas Rouillé était invité pour son deuxième livre Timika, western papou (éd° Anacharsis) un roman noir, politique et social qui traite de l’exploitation minière en Papouasie et des conséquences dramatiques sur les populations locales. Questionné par Caroline de Benedetti, Nicolas Rouillé raconte comment son roman s’encre dans une réalité qu’il a lui-même éprouvé lors de voyages à Timika.

Un enregistrement public réalisé le dimanche 12 novembre en matinée au sein du Café Littéraire de Nature Nomade.

Lundi 20 novembre à 18h20: Pekka Juntti (Nature Nomade)

Nature Nomade, le rendez-vous nantais des grands voyageurs refermait sa septième édition ce dimanche 12 novembre au sein du Museum (d’Histoire Naturelle) de Nantes. Durant plusieurs jours se sont succédé.e.s autrices et auteurs qui venaient partager leurs expériences du monde contemporain, des géographies particulières, des rencontres marquantes, par la voix de la littérature, de la photo, du film ou du dessin.

Pekka Juntti était invité pour son premier roman, Chien Sauvage (éditions Gallmeister) un récit initiatique dans le froid de la laponie avec des chiens de traineaux, une histoire de famille, de transmission, d’amour. Questionné par Caroline de Benedetti, Pekka Juntti détaille notamment les particularité géographique de sa Finlande natale et les libertés qu’il a pris avec la réalité physique et historique pour constituer son récit.

Un enregistrement public réalisé le dimanche 12 novembre en après-midi au sein du Café Littéraire de Nature Nomade.

Contrepoint musical: Talonpoika Lalli / Villikoira

Lundi 13 novembre à 18h10: Simon Parcot (Nature Nomade)

Nature Nomade, le rendez-vous nantais des grands voyageurs refermait sa septième édition ce dimanche 12 novembre au sein du Museum (d’Histoire Naturelle) de Nantes. Durant plusieurs jours se sont succédé.e.s autrices et auteurs qui venaient partager leurs expériences du monde contemporain, des géographies particulières, des rencontres marquantes, par la voix de la littérature, de la photo, du film ou du dessin.

Simon Parcot était invité pour son premier roman, Le Bord du Monde Est Vertical (éditions Le Mot Et Le Reste) qui témoigne de son rapport étroit, complexe, mystique et mythique avec la montagne et précisément cette vallée des Alpes où il réside. Questionné par Caroline de Benedetti, il revient sur son parcours, sur l’écriture de ce roman et sur ce qui constitue la substance mystique et universelle de son récit.

Un enregistrement public réalisé le samedi 11 novembre en fin d’après-midi au sein du Café Littéraire de Nature Nomade.

Contrepoint musical: Talk Talk / Ascension Day

NB: dans l’émission Nuages Delay de ce mardi 14 novembre retrouvez une conversation entre Clara Arnaud & Simon Parcot.

La totalité des rencontres Nature Nomade sont disponibles sur cette page.

Lundi 06 novembre à 18h10: Jérémy Perrodeau

C’est un auteur de bande dessinée qui trace un chemin très personnel dans les récits de l’imaginaire, qui flirte délicatement avec le fantastique ou la science fiction sans jamais s’y engager complétement, qui développe des univers et des paysages inédits qui sont généralement les matrices de ses récits. Jérémy Perrodeau a publié quatre livres aux éditions 2024: Isles, la grand odyssée (réédité en collaboration avec FP&CF), Crépuscules, Le Long Des Ruines et le récent Le Visage de Pavil. Chaque fois des histoires surprenantes et de longue haleine où le récit initiatique connait suffisamment de zones floues pour que s’en empare la lectrice ou le lecteur. Jérémy Perrodeau était invité du festival Les Utopiales à Nantes (du 1er au 05 novembre 2023) et nous en avons profité pour enregistrer cet entretien le dimanche 05 dans l’après-midi, où l’on revient sur le parcours de l’auteur et où l’on explore le contenu de quelques-uns de ses livres.

En contrepoint trois extraits du disque Through The Looking Glass de Midori Takada, choisi par Jérémy.

Lundi 16 octobre à 18h: Antoine Mouton & Antoine Boute (sont sur une radio…)

Retour sur le festival Midi Minuit Poésie dont la 23e édition vient de s’achever samedi 14 octobre au lieu unique de Nantes après 5 jours de poésies, performances, sons, musiques dans différents lieux de la ville.

Parmi les nombreuses propositions qui rythmaient cette nouvelle édition, deux lectures à voix nue m’ont particulièrement marqué, que je vous diffuse ici.

La première, d’Antoine Mouton, autour de son livre HKZ, le livre du revenir, se tenait Passage Sainte-Croix vendredi 13 octobre vers 12h45. Le récit, très juste et émouvant, est celui d’une amitié puissante entre l’auteur et Hermine Karagheuz, actrice militante et auteure, de quarante ans son ainée. Une amitié qu’Antoine Mouton documente, comme un journal de la vieillesse et, bientôt, de la fin de vie de HKZ.

La seconde, Soleil Animal d’Antoine Boute, arrivait comme une performance follement dynamique en avant-dernière position du marathon poétique sis au lieu unique le samedi 14 octobre, vers 22h45. Explorant, par la voix, le corps, la langue, les limites du langage, Antoine Boute détourne des histoires, réunit des phrases, mélange des micro-récits, et retombe comme un magicien cabriolant sur ses quatre pattes.

Deux lectures aussi différentes qu’également enthousiasmantes, par la finesse des textes, par l’intensité qui habite leurs auteurs quand ils les lisent.

En contrepoint: Ghédalia Tazartès / Huit (Ante-Mortem) & Domotic / A Willingness To Fall Asleep (A Willingness To Be Hypnotized).

Lundi 09 octobre à 18h: Les Utopiennes, des nouvelles de 2043

Les éditions La Mer Salée publient depuis 2015 des livres qui questionnent et observent voire analysent nos sociétés contemporaines, notre devenir humain, notre environnement, par le biais de l’économie, de la politique, du social, de l’intime, en proposant parfois des pistes de réflexions, des prospectives, des utopies en voie de réalisation. Tout d’abord attaché à la publication d’essais tels L’Utopie Mode d’Emploi, Zéro Pollution, Et si on Remontait dans l’Arbre?, la maison s’est ouverte à la fiction depuis quelques années pour prolonger les réflexions, amener l’intime au cœur des problématiques et imaginer plus librement ce que pourrait être le futur.

Les Utopiennes, des nouvelles de 2043 est le premier mook que publie La Mer Salée, un collectif qui rassemble quelques trente autrices et auteurs qui s’attachent à raconter notre devenir depuis le futur, dans vingt ans, et depuis leurs spécialités: l’économie, la politique, la poésie, la bande dessinée, la photographie, la cartographie… Sorti début octobre, ce recueil est le premier d’une série annuelle qui racontera donc 2044, 2045, 2046, etc.

Sandrine & Yannick Roudaut sont les responsables de cette maison d’édition, ils ont dirigé ce collectif et sont également autrice et auteur. Je les ai questionné sur ces Utopiennes, puis avec Sandrine seule, nous avons poursuivi sur l’édition et l’écriture de manière plus vaste.

Un entretien réalisé le vendredi 06 octobre au matin.

Contrepoints musicaux choisis par Sandrine Roudaut: Max Richter/ Four Seasons Recomposed – Spring, Dominique A. / Nouvelles du Monde Lointain, Yaël Naïm / Attendre, Natacha Atlas / The Righteous Path, The Divine Comedy / When The Light Goes Out All Over Europe, MGMT / The Youth.

NB: soirée de lancement des Utopiennes à la Cantine Numérique de Nantes le 14 novembre en présence de nombreuses autrices et auteurs.

Lundi 02 octobre à 18h15: Book of Mercy, Leonard Cohen

Publié en 1984 une première fois, le Livre de la Miséricorde est un recueil de 50 psaumes, réflexions, poésies qui rendent compte de la recherche spirituelle de cet immense artiste qu’est Leonard Cohen, disparu en 2016. Toute son œuvre musicale et poétique est traversée de cette question mystique, alliant sans aucune dichotomie le païen et le sacré. Mais dans Book of Mercy, il questionne au tournant de ses cinquante ans le sens de son chemin tortueux, la voie que pourrait lui indiquer un “créateur”. Traduit et présenté par Alexandra Pleshoyano dans une version bilingue, le Livre de la Miséricorde a reparu en 2020 aux éditions du Seuil. C’est une lecture de ce livre que vous propose la présente émission, avec en contrepoint quelques morceaux de Leonard Cohen.

Sisters Of Mercy, extrait du premier album en 1967 puis trois extraits du disque de 1984 Various Positions: Night Comes On, Hallelujah & If It Be Your Will. Plus quelques fragments instrumentaux de Book Of Longing, œuvre de Philip Glass & Leonard Cohen en 2007.

Pour compléter vous pouvez avec profit lire cette très touchante biographie de Leonard Cohen par Pascal Bouaziz.

Lundi 25 septembre à 18h: Gwenaëlle Abolivier

Invitée vendredi 22 septembre en soirée à La Géothèque de Nantes pour parler de son écriture et notamment du triptyque Tu m’avais dit Ouessant, Marche en plein ciel et le récent La Forme du Fleuve, publiés aux éditions Le Mot et Le Reste, Gwenaëlle Abolivier revenait également sur son lien au sonore et à la radio (qu’elle a pratiqué 20 ans sur France Inter), sur son mandat de directrice artistique et littéraire, autrice associée à la Maison Julien Gracq de Saint-Florent-Le-Vieil où elle résidait pour deux ans et qui s’achève en décembre prochain, sur la figure de Julien Gracq qui traverse son dernier livre et sur son lien au paysage, à la Loire notamment, éléments essentiels et moteurs de son écriture.

Une rencontre publique que j’avais le plaisir d’animer et dont nous écoutons l’enregistrement dans cette émission, émaillé de la voix de Julien Gracq questionné par Jean Daive en 1977 et de celle de Tom Waits, le morceau Chocolat Jesus issu du disque Mule Variations.

NB: Le festival Les Préférences porté par la Maison Julien Gracq s’ouvre ce mercredi, allez-y!

Mercis à Benoit & Valérie de La Géothèque.

Lundi 18 septembre à 18h: Célia Portet – Messidor

J’ai croisé l’autrice et dessinatrice Célia Portet pour la première fois il y a quelques années, elle animait alors avec deux camarades une revue pour enfants baptisée Caoutchouc, qui rassemblait dessins, récits, jeux, informations, avec une grande intelligence. Elle fut ensuite l’une des chevilles ouvrières de la grande exposition Une BD Si Je Veux, Quand Je Veux, sur la bande dessinée féministe, produite par Maison Fumetti en 2018. Son travail d’autrice s’est précisé avec les années (on le constate par exemple au sein du très bon journal jeunesse Biscotto), jusqu’à l’arrivée récente de Messidor – pseudonyme, hétéronyme, alter ego ou formule magique – une signature qui permet à Célia de s’écarter du champ strict de la bande dessinée pour proposer des publications qui mêlent sans hiérarchie dessins, textes, collages, fragments d’un journal, réflexions collectives ou introspection sensorielle. A l’image de l’impressionnant La Forêt Dans Laquelle Nous qui rassemble de manière raisonnée des recherches et travaux autour de la notion de “Sorcière”, accumulés depuis cinq ans.

Le mercredi 13 septembre au matin je me suis rendu au domicile nantais de Célia Portet – Messidor pour enregistrer la conversation qui fait cette émission de rentrée.

Avec les contrepoints suivants, choix de Célia:

  • Dominique Grange / A Bas L’État Policier
  • Anne Sylvestre / Une Sorcière Comme Les Autres
  • Miley Cyrus / Flowers.
  • En plus, la bande annonce de Messidor, film d’Alain Tanner (1979)

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Saison 2022 – 2023

Esperluette en vacances, quelques rediffusions chaque lundi de l’été à 18h.

Lundi 10 juillet: Maya Angelou (lecture)

Lundi 17 juillet: Nathaniel Ian Miller (entretien)

Lundi 24 juillet: Guillaume Aubin (entretien)

Lundi 31 juillet: Geoffroy Monde (entretien)

Lundi 07 août: Xavier Mussat (entretien)

Lundi 14 août: Les chemins du Halla San (lecture)

Lundi 28 août: Jérôme Blin (entretien)

Lundi 04 septembre: Sophie Guerrive (entretien)

Lundi 11 septembre: Frank Le Gall (entretien)

Lundi 03 juillet à 18h10: Festival Fumetti 2023, JM Bertoyas (Antipasti)

Jean-Michel Bertoyas est une figure incontournable de la micro-édition depuis une trentaine d’années. Collaborateur des éditions Les Requins marteaux, L’Association, Ouïe Dire, The Hoochie Coochie, il fait l’objet d’un vaste et dense projet d’intégrale qui rassemble la totalité de son travail jusque-là auto-édité, en plusieurs volumes chez Arbitraire & Adverse. Impossible en une heure trente de faire le tour de l’œuvre ni du personnage mais cet antipasti préparé par Tangui Jossic donne quelques clés pour entrer dans l’univers beau et fou de Bertoyas. Un enregistrement réalisé en public le dimanche 11 juin 2023 dans le cadre du festival Fumetti à Nantes.

Lundi 26 juin à 18h20: Festival Fumetti 2023, Maybelline Skvortzoff conversation avec Julia Wauters.

Il s’agit pour cette émission de la rediffusion d’une rencontre en compagnie de Maybelline Skvortzoff animée par Julia Wauters. Les deux autrices conversaient autour du travail de Maybelline et notamment sa première bande dessinée, Roxanne vend ses culottes, aux éditions Tanibis. Un enregistrement réalisé en public le samedi 10 juin dans l’après-midi lors du festival Fumetti à Nantes.

En contrepoint: Frank Zappa / Dinah Moe Humm

Lundi 19 juin à 18h30: Festival Fumetti 2023: Charlie Genmor, Garance Coquart-Pocztar & Delphine Panique (table ronde)

Dans le cadre des rediffusions de moments enregistrés lors du festival Fumetti 2023, voici une table ronde qui s’est tenue le dimanche 11 juin dans l’après-midi.

Dans Nos Yeux, discussion avec Charlie Genmor, Garance Coquart-Pocztar et Delphine Panique
Modération : Solange Maribe et Claire Cornet – en partenariat avec la Bibliothèque municipale de la Manufacture

Comment les représentations façonnent-elles notre regard ? En dégenrant des personnages, en dessinant des identités peu visibilisées ou encore en racontant d’autres histoires (d’amour, d’amitié, mais pas que !), la bande dessinée peut ouvrir nos interprétations et enrichir nos imaginaires. Pour une création hors des stéréotypes, qui laisse la place à des voix multiples et d’autres univers dans lesquelles chacun·e peut s’identifier

Lundi 12 juin à 18h: Festival Fumetti 2023, Thomas Ott (Antipasti)

Cette semaine et les suivantes dans l’émission Esperluette, retour sur quelques moments glaner lors du festival Fumetti à Nantes (entre le 08 et le 11 juin 2023).

Cette semaine, diffusion du vaste Antipasti consacré à l’auteur suisse Thomas Ott, présenté par Thomas Brochard & Tangui Jossic.

Thomas Ott apparait dès l’orée des années 1990 au catalogue de L’Association, via la revue Lapin, la collection Pattes de Mouche tout d’abord puis avec de grands livres dos toilés, à la façon très soignée, qui rassemblent des histoires parfois sombres ou sordides mais souvent étranges ou fantastiques, un univers développé avec une technique étonnante de carte à gratter, qui prend une ampleur étonnant sur de longs récits tels Cinema Panopticum ou 73304-23-4153-6-96-8.

Thomas Ott était invité du festival Fumetti pour la performance collective Hyposensible au Musée D’Arts jeudi 08 juin, dont vous pouvez voir le résultat dans l’exposition du même titre à Maison Fumetti jusqu’au 08 juillet.

Il est aussi chanteur dans le groupe Tar Pond dont nous écoutons quelques notes du morceau Please pour finir l’émission.

Lundi 22 mai à 18h: Kerascoët & les étudiant.e.s en mastère 2 illustration à l’ECV.

C’est une émission particulière ce lundi 22 mai, un enregistrement qui rassemblait 12 étudiantes et étudiants en mastère 2 illustration de l’ECV, qui achèvent ces temps-ci un cursus de 5 ans. Dans le cadre d’un cours de culture générale autour de l’illustration et l’édition elles et ils ont préparé cette émission qui propose dans un premier temps un entretien avec le couple Kerascoët, Marie Pommepuy & Sébastien Cosset, autrice et auteur qui travaillent en binôme depuis une vingtaine d’années en illustration, bande dessinée et animation. Un riche temps d’échange sur leur pratique et sur le métier, préparé collectivement et présenté par Alice & Adélie, suivi de deux chroniques, l’une sur la narration dessinée sur les réseaux sociaux par Lisa & Agathe, l’autre sur La Rédaction, un fanzine de Anaïs Flogny qui questionne les icônes Tintin et Spirou & Fantasio par Marin & Lucille.

Merci à Marie & Sébastien pour leur disponibilité et aux étudiant.e.s Manon, Marin, Adélie, Alice, Aloïs, Agathe, Lisa, Huanhe, Jiawei, Massiami & Lucille pour leur investissement.

Les sélections musicales: Daft Punk / Veridis Quo, Mélanie Martinez / Drama Club, Ray Parker, Jim Morgan et Tom Szczesniak / Générique des aventures de Tintin.

Lundi 15 mai à 18h: Frank Le Gall & la peinture

Auteur de bande dessinée reconnu principalement pour la série Théodore Poussin publiée chez Dupuis dès 1987, Frank Le Gall est un artiste qui explore différentes pratiques au fil des années. La musique, la littérature et surtout la peinture qui l’occupe beaucoup ces dernières années. L’huile particulièrement. Et depuis quelques mois une série de toiles représentant la jungle. Une jungle, des jungles, issues d’images mentales, de “paysages intérieurs” qui apparaissent sur les toiles (plus d’une vingtaine à l’heure de cette émission).

J’avais déjà passé quelques temps en compagnie de Frank Le Gall pour une série d’entretiens assez conséquente (dont quelques détails sont à glaner ici, les sons seront bientôt remis en ligne) et c’est lors d’une visite amicale le lundi 08 mai dernier que nous nous sommes emparés du micro pour converser plus en détail sur la peinture de Frank, tout en digressant volontiers vers la bande dessinée pour laquelle il est loin d’en avoir terminé, le quatorzième volume de Théodore Poussin, Aro Satoe, a paru en janvier 2023.

Un entretien émaillé d’un peu de musique polynésienne, d’un morceau d’Eric Dolphy et de la Pastorale de Ludwig Van Beethoven, tous choix de Frank Le Gall.

Lundi 08 mai à 18h15: Baldwin en Transit

Le mercredi 03 mai dernier se tenait au Pannonica une soirée baptisée Baldwin en Transit, un projet porté par le saxophoniste Stéphane Payen autour de la figure majeure de l’écrivain James Baldwin. D’abord imaginé en compagnie du chanteur/rappeur/poète Mike Ladd, Baldwin En Transit s’est déployé pour devenir un septet, quatre musiciens et trois écrivain.e.s.

Il s’agit moins ici de faire entendre les écrits de Baldwin que de poursuivre la puissance insurrectionnelle, politique et intime de l’écrivain, à travers les textes originaux que livrent Jamika Ajalon, Tamara Walcott & Mike Ladd sur l’écrin puissant et délicat que tissent Stéphane Payen (saxophone), Fanny Ménégoz (flûte), Dominique Pifarely (violon) & Marc Ducret (guitare).

Peu avant le concert se tenait une discussion publique avec le saxophoniste/compositeur et les trois écrivain.e.s qui donnait quelques clés de compréhension du projet et des motivations intimes (et universelles) de chacunes et chacuns. Un enregistrement que nous écoutons dans la présente émission, émaillée de quelques extraits du concert qui suivait.

Lundi 24 avril à 18h10: Jérôme Blin & les éditions Sur La Crête

Photographe actif depuis plus de vingt ans, Jérôme Blin poursuit un travail fait de rencontres, de résidences et d’inscriptions sur un territoire donné. Des portraits d’adolescents, des traces dans le paysage, des moments de travail, à l’usine, dans une ferme, des séries de photos qui dialoguent entre elles, construisent une narration et racontent, mine de rien, quelques fragments biographique de leur auteur.

Co-fondateur avec Gaëtan Chevrier des éditions Sur La Crête, dont l’aura ne cesse de grandir dans le paysage éditorial du livre photo, Jérôme Blin y a publié trois livres: La Janais (avec Gaëtan Chevrier), L’Entretemps & La Promesse. Il est aussi au sommaire du numéro 175 de la revue 303 consacré aux Paysages Photographiés, avec une série encore en cours. Enfin l’exposition La Promesse est aux Champs Libres à Rennes jusqu’en septembre prochain.

Un entretien enregistré le vendredi 21 avril au matin avec en introduction de l’émission un extrait du texte d’Hélène Gaudy sur le travail de Jérôme Blin, publié dans le n°175 de la revue 303 déjà cité puis quelques choix musicaux de Jérôme: Dominique A. / Surestimé, Papier Tigre / Afternoons, Western Trio feat. Federico Pellegrini / A L’Ouest de Nulle Part (I Promise), Godspeed You Black Emperor / Moya

Lundi 17 avril à 18h10: Guillaume Trouillard & les éditions de La Cerise

Maison d’édition de bande dessinée fondée en 2003, La Cerise est née de l’impulsion de l’auteur Guillaume Trouillard et ses camarades étudiants aux beaux arts d’Angoulême. Vingt ans après le catalogue s’est enrichi de nombreuses collaborations à l’international et notamment de publications de livres et d’auteurs chinois qui n’avaient jamais été traduit malgré leur importance.

Maison Fumetti à Nantes propose jusqu’au samedi 22 avril une exposition rétrospective qui montre ces deux décennies de travail. Guillaume Trouillard était présent samedi 15 avril en compagnie de son frère Antoine Trouillard, musicien, chanteur, avec lequel il proposait un concert dessiné en soirée. L’occasion de revenir sur cette histoire éditoriale et sur son parcours d’auteur en se baladant au sein de l’exposition. Un entretien émaillé de quelques extraits du concert dessinée.

Lundis 20 & 27 mars, 03 & 10 avril: Rediffusions.

Les sujets et projets ne manquent pas mais le temps oui, alors ces dernières semaines ce sont des rediffusions de lectures plus ou moins intemporelles, par exemple celles-ci: http://www.jetfm.asso.fr/site/Esperluette-lundi-25-fevrier-a.html

http://www.jetfm.asso.fr/site/Esperluette-lundi-23-decembre-2019.html

http://www.jetfm.asso.fr/site/Esperluette-lundi-25-decembre-a.html

Lundi 13 mars (18h10): Avec Bas Jan Ader (une rediffusion)

Oups, le temps file et rien n’est prêt. Vite, une rediffusion pour cette semaine. Les détails sont ici: http://www.jetfm.asso.fr/site/Esperluette-lundi-16-mai-a-midi.html

Lundi 06 mars (18h15): Les chemins du Halla San

C’est un récit de Nicolas Bouvier, publié en 1990 au sein du livre Journal D’Aran et Autres Lieux, qui relate un périple coréen que l’écrivain réalise avec sa femme en 1970. En voici la lecture.

Contrepoint musical: Keda / La Lune de Corée.

Lundi 27 février (18h10): Sophie Guerrive

J’ai été, comme beaucoup de lectrices et lecteurs, vraiment touché et bouleversé par le travail en bande dessinée de Sophie Guerrive, dès ce long récit épique et médiéval qu’est Capitaine Mulet et plus encore ensuite avec Tulipe et les différents livres qui constituent ce très délicat univers animalier. Principalement développés en récits courts, une page de rêveries, réflexions, sur le monde, sur le vivant, qui ramènent à quelques classiques du genre, Peanuts ou Mafalda en premier lieu, Jérôme D’Alphagraph aussi, Tulipe connait aussi une variation jeunesse – Le Club Des Amis, trois tomes à ce jour – et des récits plus longs – le récent Eden. Compagne de route des éditions 2024, issue des Arts Déco de Strasbourg, on retrouve étonnamment Sophie Guerrive au générique du dernier volume en date de Spirou & Fantasio en tant que co-scénariste du nouveau trio en charge de la série phare des éditions Dupuis. J’étais resté frustré d’un premier entretien réalisé il y a quelques années qui était un peu timide. Nous avons donc remis ça le 28 janvier dernier lors du festival international de la bande dessinée d’Angoulême, un entretien plus fourni dans lequel Sophie détaille un peu de ses influences et inspirations.

En contrepoint nous écoutons un peu de la musique d’Animal Crossing, une pièce de Paschal de L’Estocart et Moment Parfait de Philippe Katerine. Puis en complément une partie d’une vaste playlist subjective autour de l’univers de Tulipe (qui sera diffusée en intégralité ce samedi 04 mars à 14h)

Lundi 20 février (18h10): Dark Was The Night (une rediffusion)

Rediffusion d’une lecture enregistrée pour cette émission en juillet 2020.

C’est un très joli court roman de Grégoire Hervier, publié dans la collection poche des éditions Au Diable Vauvert : Dark Was The Night se présente comme le récit autobiographique d’un historien du blues à la recherche de la trentième chanson mythique et perdue de Robert Johnson. Ce vrai/faux permet à l’auteur de distiller subtilement tout son amour de cette musique blues que l’on se plait à redécouvrir en même temps que la lecture.
Voici donc une version radiophonique de ce livre émaillée des sélections musicales suivantes (partielles ou complètes) :
Robert Pete Williams / Louise (live), Mississipi John Hurt / Ain’t No Tellin’, Muddy Waters / Mannish Boy, Lead Belly / Where Did You Sleep Last Night, Robert Johnson / Sweet Home Chicago, Albert King / Oh Pretty Woman (live), Charley Patton / Some Summer Day, Robert Johnson / Terraplane Blues, Cross Road Blues, 32-20 Blues, Sunny Boy Williamson II / Mr Down Child, Robert Lockwood Junior / Mr Down Child, Going Down Slow (live), Robert Johnson / Me And The Devil Blues, Skip James / Hard Time Killing Floor Blues, Ry Cooder / Feeling Bad Blues, Robert Johnson / Love In Vain, Blind Willie Johnson / Dark Was The Night, Cold Was The Ground, Ry Cooder / Dark Is The Night.

Lundi 13 février (18h): Xavier Mussat

Auteur de bande dessinée et musicien, Xavier Mussat n’encombre pas les tables des libraires et cette délicatesse fait que l’on peut guetter avec une grande attention la moindre de ses parutions. Alors que vient de sortir Les Pistes Invisibles (Albin Michel) qui ouvre un nouveau chemin dans l’art narratif de Xavier Mussat – après les autobiographies Sainte Famille (Ego Comme X, 2001) et Carnation (Casterman, 2014) puis le recueil de dessins Horst (La 5e Couche, 2020) – retour sur une trentaine d’années de création faites d’apparitions et de disparitions, un jeu de piste où l’artiste n’est jamais tout à fait là où on l’attend.

Un entretien réalisé dans le chaos du festival international de la bande dessinée d’Angoulême le dimanche 29 janvier 2023.

Contrepoints musicaux: Mikis Theodorakis / Main Title (O Andonis) du film Z, Xavier Mussat / dB03, Xavier Mussat & Bruno Billaudeau / Bruxos #01 (extrait), Sophie Agnel & Xavier Mussat / Live aux 26 chaises (extrait), Xavier Mussat / dB06, Rex Casswell / Paper Folderphone.

La musique de Xavier Mussat est principalement disponible sur ce bandcamp

Allez voir avec profit les publications du label Apocope.

Lundi 06 février (18h10): Julie Doucet par June Misserey

Julie Doucet, autrice québecoise majeure de la bande dessinée autobiographique apparue à la fin des années 1980 a œuvré avec acharnement pendant une décennie avant de s’éloigner de ce medium, mais pas de la création, à l’orée des années 2000. Figure incontournable et forte influence d’une vaste génération d’autrices et d’auteurs de la bande dessinée indépendante elle revient au dessin séquentiel ces dernières années avec un récit autobiographique publié en ce début d’année à l’Association sous la forme d’un très long leporello baptisé Suicide Total. Avant cela, l’Association principalement a publié les ouvrages de Julie Doucet au fil des années 1990 puis, récemment, une magnifique anthologie de son comics Dirty Plotte sous le titre Maxiplotte.

Élue présidente du festival international de la bande dessinée d’Angoulême en 2022, la discrète Julie Doucet était donc célébrée lors de la 50e édition dudit festival, du 25 au 29 janvier 2023 avec, en premier lieu, une très belle exposition sur deux étages au sein de l’Hôtel Saint-Simon mise en forme par Julien ‘June’ Misserey, formidable garçon indispensable, notamment co-fondateur de l’association ChiFouMi.

C’est en sa compagnie que nous avons enregistré cette promenade dans l’exposition Julie Doucet, toujours de grande classe, le dimanche 29 janvier 2023 au matin, quelques heures avant son démontage.

En contrepoint, un morceau du groupe Le Tigre / Hot Topic, puis les commentaires et réactions de quelques étudiantes et étudiants du master 2 illustration de l’ECV Nantes qui visitaient (et découvraient pour la plupart) l’exposition, enfin un morceau de Ô Paon / La Plus Puissante du Monde.

Lundi 23 janvier (18h05): Michel Jean (Nature Nomade)

©Alain Audet

Avec sensibilité et délicatesse, Michel Jean raconte son histoire familiale, celle des Siméon. Issu de la communauté innue de Mashteuiatsh, dans le Nitassinan, il tisse le destin de tout un peuple amené par la force à se sédentariser et à abandonner son mode de vie traditionnel. A travers ses trois romans, Michel Jean explore les questions de liens et d’identité, d’appartenance, et pose la question de la place faite aujourd’hui à la communauté innue au sein du Québec. Lauréat du prix Nature Nomade pour Kukum en novembre 2021, Michel Jean était présent pour la sixième édition du festival en 2022. Une rencontre inaugurale en public, animée par Sophie Gergaud, se tenait le vendredi 04 novembre en soirée au sein de l’auditorium du Museum.

Lundi 16 janvier (18h05): Cristian Fulas (Nature Nomade)

©Paul Ketchum

Dans son roman, Iochka, Cristian Fulas explore le quotidien d’une fabrique de charbon située au cœur des Carpates. Dans cette microsociété quelque peu hors du monde, nous suivons les souvenirs de Iochka, un presque centenaire qui fait partie de ces « insignifiants » qui ont pourtant vécu ou subi les bouleversements de l’histoire avant de choisir, plus ou moins, de s’exclure du tumulte dans une vallée reculée. Lors du festival Nature Nomade, le samedi 05 novembre 2022 en fin de journée Cristian Fulas s’entretenait, en public, avec Caroline de Benedetti. Les propos sont traduits du roumain par Violeta Brascan.

Lundi 09 janvier (18h15): Dersou Ouzala (Nature Nomade)

©Olga Ukhvatkina

Dans les forêts de l’Extrême-Orient russe, Vladimir Arseniev, officier explorateur féru de science et d’aventure, se prend d’amitié pour un chasseur sibérien : Dersou Ouzala, du peuple des Nanaïs qui vouent au monde sauvage une dévotion ancestrale. De cette entente née d’expéditions entre 1902 et 1909 au cœur de la taïga, Arseniev tire un récit aussi vrai que romanesque. Son témoignage peuplé d’ours, de tigres et de « gens de la forêt » portera le personnage de Dersou dans l’imaginaire de plusieurs générations de lecteurs du monde entier. Akira Kurosawa l’adapte au cinéma en 1975.

Yves Gauthier, auteur et traducteur, s’est attaché à une traduction scrupuleuse et enfin intégrale de cette œuvre majeure pour les éditions Transboréal. Et c’est en compagnie de son éditeur Emeric Fisset qu’il conversait dans le cadre du festival Nature Nomade le dimanche 06 novembre 2022 en fin d’après-midi.

Lundi 02 janvier (18h15): Wilfried N’Sondé (Nature Nomade)

@Wayne Gungl

Lors du confinement imposé par la pandémie de covid-19 au printemps 2020, Wilfried N’Sondé a l’opportunité d’embarquer à bord de la goélette Tara pour naviguer durant cinq semaines au large des côtes chiliennes avec une équipe de scientifiques. Fasciné par la puissance des éléments, l’abondance des formes de vie grouillant dans les eaux de l’océan Pacifique, il en revient avec une triple histoire faite d’êtres vivants mesurant moins d’un millimètre devenu de véritables héros tragiques: Héliosphera fille des abysses (Actes Sud, 2022). Wilfried N’Sondé détaille cette expérience peu commune et ce désir d’écriture dans un entretien public animé par Caroline de Benedetti dans le cadre du festival Nature Nomade, enregistré le dimanche 06 novembre 2022 au Museum de Nantes.

Lundi 26 décembre (18h05): Le lieu, source du roman (Nature Nomade)

@Jorg Peter

Quelle est la place du lieu dans la création littéraire ? Pour en discuter, trois regards se mêlent. Celui de Valerio Varesi qui s’inspire pleinement de la région qu’il habite pour la raconter à travers ses enquêtes. Et ceux de Guillaume Aubin et de Wilfried N’Sondé, qui, chacun, ont puisé leur inspiration dans des lieux de résidence particuliers. Une table ronde animée par Caroline de Benedetti dans le cadre du festival Nature Nomade, enregistrée le dimanche 06 novembre 2022 au Museum de Nantes.

Lundi 19 décembre (18h15): Geoffroy Monde

Auteur de bande dessinée révélé il y a une dizaine d’années via son blog puis diverses publications papiers (Serge et Demi-Serge chez Vide Cocagne) ou numériques (De Rien dans Professeur Cyclope, repris en livre chez Delcourt), Geoffroy Monde a d’abord dessiné des suites de gags absurdes ou non sense avant d’aller vers des récits de science fiction (Poussière, trois tomes chez Delcourt) ou de la mythologie érotique (Le Privilège Des Dieux, collection BD Cul). Cette année 2022 il publie deux nouvelles bande dessinées: Furieuse dessiné par Mathieu Burniat (Dargaud) et La Voix de Zazar (Atrabile) un space opéra intime étonnant par son fond comme par sa forme.

Le samedi 19 novembre 2022 au festival de bande dessinée de Colomiers, accompagné de l’auteur Gwen de Bonneval, nous avons enregistré une conversation avec Geoffroy Monde, à propos de son parcours, de ses publications, de ses envies à venir.

En contrepoint un fragment de Tim & Eric, I’m Not Comfortable Inside My Mind par John Callaghan, L’Homme de L’Année par Cadet et Sheherazade de Rimski Korsakov.

Lundi 12 décembre (18h20): Paz Boira & Jérôme Dubois (une conversation)

Écocide, effondrements, chaos & autres réjouissances planétaires

L’écocide en cours, les alertes répétées par les climatologues depuis un demi-siècle a minima, les récits documentant les effondrements, les pensées, théories & actions développées par la collapsologie, enfin, les premiers signes tangibles du désastre écologique à l’œuvre, toutes ces réalités impactent fortement la création des autrices et auteurs de bande dessinée contemporains. Depuis 5 ans les rayons des librairies et médiathèques ont vu apparaître un nombre conséquent d’ouvrages sur ces questions et questionnements : le devenir humain et sa confrontation souvent destructrice avec le vivant qui l’entoure.

Sous forme de dialogues fertiles, les rencontres professionnelles du vendredi 18 novembre 2022 lors du festival BD Colomiers se proposaient d’observer différentes approches possibles dans le traitement artistique et la mise en récit de ces éléments du réel et surtout comment faire bande dessinée, malgré tout.

Rêves ou Réalité, quelques représentations du devenir humain.

Sur la base des livres “Les Animaux de Distance” & “Malgré Une Fin Proche” de Paz Boira et “Citéville”/”Citéruines” de Jérôme Dubois.

Lundi 05 décembre (18h25): Giacomo Nanni

Invité en ouverture des Rencontres Littéraires Italiennes organisées par l’association Impressions d’Europe, le dessinateur italien Giacomo Nanni était présent à Nantes pour une rencontre publique le vendredi 02 décembre à 16h en l’espace Cosmopolis.

Ensemble nous revenons sur son parcours en bande dessinée, qu’il débute à trente ans en Italie.

Entre 2004 et 2009, il fait partie du groupe de dessinateurs et fondateurs de la revue Canicola primée au festival d’Angoulême et qui devient une maison d’édition. Il collabore bientôt en France avec les éditions Cornelius qui publient son premier livre traduit Chroniquettes, d’autres suivront dont deux romans graphiques aux éditions l’Olivius (l’Olivier + Cornelius) en 2013 et 2014: Casanova, histoire de ma fuite et Vince Taylor n’existe pas (texte de Maxime Schmitt).

Depuis la fin des années 2010 Giacomo Nanni publie ses livres aux éditions (nantaises) Ici Même. Le premier, Acte de Dieu a remporté le « Fauve de l’audace » au Festival d’Angoulême en 2020, le deuxième,Tout est vrai, a été publié en 2021, un troisième intitulé Un jour, le soir paraitra en mars 2023

C’est principalement sur ces derniers livres et la technique particulière très pointilliste que développe Giacomo Nanni sur ceux-ci que nous nous appuyons pour cette conversation que l’on conclue avec un morceau du groupe CCCP / Fedeli Alla Linea

Lundi 28 novembre (18h15): Nylso & Gwen de Bonneval (une conversation)

Nylso

Écocide, effondrements, chaos & autres réjouissances planétaires

L’écocide en cours, les alertes répétées par les climatologues depuis un demi-siècle a minima, les récits documentant les effondrements, les pensées, théories & actions développées par la collapsologie, enfin, les premiers signes tangibles du désastre écologique à l’œuvre, toutes ces réalités impactent fortement la création des autrices et auteurs de bande dessinée contemporains. Depuis 5 ans les rayons des librairies et médiathèques ont vu apparaître un nombre conséquent d’ouvrages sur ces questions et questionnements : le devenir humain et sa confrontation souvent destructrice avec le vivant qui l’entoure.

Sous forme de dialogues fertiles, les rencontres professionnelles du vendredi 18 novembre 2022 lors du festival BD Colomiers se proposaient d’observer différentes approches possibles dans le traitement artistique et la mise en récit de ces éléments du réel et surtout comment faire bande dessinée, malgré tout.

Être Vivant, une approche sensorielle du monde par l’observation.

Sur la base des livres “Kimi Le Vieux Chien” & “Les Cabanes” de Nylso ainsi que “Le Dernier Atlas” et “Philiations”, un projet en cours de Gwen de Bonneval.

Gwen de Bonneval

Lundi 21 novembre (18h30): Frederik Peeters (une exposition)

Révélé à l’orée des années 2000 avec Pilules Bleues, le dessinateur suisse Frederik Peeters construit depuis près de 20 ans une œuvre multiple et très cohérente. S’inscrivant dans une veine classique de la bande dessinée franco-belge, son trait charbonneux, gras ou fin, en noir et blanc ou en couleurs ne l’empêche pas de s’épanouir dans presque tous les genres, que ce soit la science-fiction (“Lupus”, “Aama”), le fantastique (“L’homme gribouillé”, “St Elme”), le polar (“R.G”) et jusqu’au western (“L’odeur des garçons affamés”). Si son œuvre donne naissance à des personnages hors normes, tout ce qui est en dehors de l’humain a droit de cité. Fantômes, ectoplasmes ou créatures de toutes sortes s’épanouissent dans des univers oniriques ou au bord de l’effondrement, à l’image du bouleversant Saccage (2019), livre muet où les images hurlent.

Saccage

Derrière le monde est une exposition d’envergure produite par le festival de bande dessinée de Colomiers et les éditions Atrabile, qui comprend une grande fresque murale, des dessins d’ateliers et des travaux rarement montrés, afin d’illustrer l’ambition de l’auteur qui est de « connecter les sentiments religieux profonds, les grands inconscients collectifs contemporains avec la catastrophe actuelle ». L’exposition est visible jusqu’au 11 février 2023 au Pavillon Blanc Henri-Molina de Colomiers et nous la visitons micro en main, Frederik Peeters et moi, en détaillant chaque étape de son travail exposé. Un enregistrement réalisé le 20 novembre 2022 au matin.

Man Hunter par Frederik Peeters

En contrepoints musicaux, deux morceaux de Nils Frahm: Re et Immerse

A voir en plus, cette vidéo à propos de Saccage.

Lundi 14 novembre (18h05): Corinne Morel Darleux (Nature Nomade)

©Andreas

Après l’implacable essai Plutôt Couler En Beauté Que Flotter Sans Grace publié chez Libertalia en 2019, Corinne Morel Darleux est allée explorer la fiction, d’abord pour la jeunesse puis pour adulte avec La Sauvagière aux éditions Dalva, une fable onirique qui nous invite à repenser le lien qui nous unit au monde, loin des constructions et des contingences modernes. A travers la narration menée par son personnage principal, Corinne Morel Darleux nous plonge dans un univers puissamment poétique où les sens deviennent maîtres et où notre humanité se métamorphose au contact du bois humide et sous les caresses du vent.

Une conversation enregistrée en publique dans le café littéraire du festival Nature Nomade, le dimanche 06 novembre en après-midi.

Lundi 07 novembre (18h05): Guillaume Aubin (Nature Nomade)

©Alain Audet

En 2012, Guillaume Aubin reçoit une bourse de l’Office franco-québécois pour la jeunesse pour financer un projet littéraire. Fasciné par l’Œil du Québec, une immense île façonnée par un astéroïde puis révélée par la construction du barrage Daniel-Johnson, il se rend sur place et apprend que ces terres sont celles, historiques, de l’ethnie Innue. Les lieux et leur histoire inspirent les grandes lignes de son premier roman L’arbre de colère (éditions La Contre Allée). 
Mais, au-delà du portrait d’une culture fascinante et d’un décor sauvage beau et inquiétant, Guillaume Aubin explore, à travers son personnage Fille-Rousse, la question du genre, du sexe et des places assignées dans une société. Il transpose les questions contemporaines qui se posent dans notre société, dans une culture qui y a répondu en acceptant l’existence d’un troisième, voire d’un quatrième genre.

Une conversation enregistrée en publique dans le café littéraire du festival Nature Nomade, le samedi 05 novembre en après-midi.

Lundi 31 octobre (18h15): Nature Nomade (rediffusion)

photo: Adrien Favre

La sixième édition du festival nantais des grands voyageurs, Nature Nomade, arrive à grands pas: dès ce vendredi 4 et jusqu’au 6 novembre au Museum de Nantes. Porté par l’association Nature Nomade et La Géothèque de Nantes, ce festival décline les littératures et les livres qui disent l’état du monde: état géographique, politique, social, environnemental dont les autrices et auteurs invité.e.s viennent témoigner. Jet fm s’y installe pour enregistrer la plupart des rencontres qui vous seront diffusées ultérieurement, dans la présente émission par exemple.

Pour s’en faire l’écho je vous propose la rediffusion d’un entretien avec Jacques Mailhos, auteur, traducteur pour les éditions Galmeister de livres d’Edward Abbey ou Henry David Thoreau, entre autres. Il était invité de la 5e édition de Nature Nomade pour une discussion sur le nature writing et ses possibles traductions. C’est un enregistrement réalisé le samedi 6 novembre 2021 et déjà diffusé ici. En introduction, quelques propos de Benoit Albert (La Géothèque) & Ingrid Morel (association Nature Nomade) qui exposent un peu de la philosophie à l’œuvre derrière le festival Nature Nomade (l’intégralité de l’entretien est ici).

Les détails du programme de cette sixième édition sont à glaner ici.

Lundi 24 octobre (18h15): La poésie selon Dominique A.

Je n’avais pas prévu de diffuser cette rencontre publique avec Dominique A. dans la présente émission, attendu que la première de la saison lui était déjà consacrée. Mais la teneur du propos et les quelques lectures de poésies que Dominique a proposé ce soir là m’ont semblé très complémentaires de ce que nous avions esquissé lors de la conversation de septembre.

Centrée uniquement sur la poésie et l’écriture de poésies, sur la foi du recueil Le Présent Impossible, que Dominique Ané vient de faire paraitre aux éditions L’Iconopop, la rencontre publique qui fait cette émission Esperluette a été enregistrée au sein de la librairie La Vie Devant Soi (rue Joffre à Nantes) le jeudi 20 octobre dernier, en soirée.

La discussion est émaillée des morceaux La Poésie (La Fragilité, 2018), Marina Tsvetaïeva (Sur Nos Forces Motrices, 2008) et le disque Ursa Minor (bonus à Toute Latitude, 2018).

Lundi 17 octobre (18h05): Nathaniel Ian Miller

Nathaniel Ian Miller est un écrivain américain qui signe avec L’Odyssée de Sven un premier roman saisissant par sa force lyrique, son écriture ciselée et sa facture d’un classicisme assumé. Traduit en français par Mona de Pracontal pour les éditions Buchet-Chastel et publié pour cette rentrée littéraire, le livre conte la destinée pour le moins étonnante et assez fracassée d’un jeune suédois, Sven, qui, en 1916, choisit de s’isoler dans les profondeurs glaciales et immaculées du Spitzberg. S’apputyant sur quelques éléments du réel – Sven a réellement existé et on sait très peu de lui si ce n’est qu’une cabane atteste de son passage au Spitzberg – Nathaniel Ian Miller développe un récit initiatique qui pourrait sembler bien éloigné de sa réalité, il est éleveur de bétails dans le Vermont. C’est donc avec beaucoup de curiosité que j’ai eu le plaisir de questionner l’écrivain lors d’une rencontre publique qui se tenait à La Géothèque de Nantes le mardi 11 octobre dernier, achevant une tournée française de deux semaines. Les propos sont brillamment traduits en temps réel par son éditrice française Maÿlis de Lajugie.

En contrepoints de la conversation nous écoutons Anton Dvòrak / Quintet pour piano n°2 en La majeur, deuxième mouvement: La Dumka et un fragment de Vatnajokull de Chris Watson

Lundi 10 octobre (18h05): Chloé Wary

Chloé Wary est autrice de bande dessinée. Trois livres sont disponibles dont le plébiscité Saison des Roses (éditions FLBLB) qui suit les pas d’une équipe de football féminin au sein d’une cité de la proche banlieue parisienne, l’imaginaire Rosigny qui revêt des atours autobiographiques pour l’autrice, tout comme les protagonistes du récit. Servie par un dessin nerveux dynamisé par des couleurs vives réalisées au feutre, Saison des Roses a propulsé Chloé Wary sur le devant de la scène contemporaine du dit neuvième art, dès son deuxième livre, lui apportant une rapide professionnalisation.

C’est à ce titre qu’elle est invitée dans la région nantaise cet automne pour plusieurs rendez-vous:

  • en premier lieu une belle et grande exposition rétrospective au sein de la médiathèque Hermeland de Saint-Herblain, qui accroche des pages originales, des recherches et illustrations inédites en une scénographie cohérente (depuis le 27 septembre et jusqu’au 05 novembre de cette année 2022).
  • En second lieu différentes rencontres avec l’autrice qui accompagne volontiers un travail de médiation sur le terrain, ces temps-ci dans le quartier de Bellevue à Nantes/Saint-Herblain notamment, sur la base d’ateliers, de rencontres, de concerts dessinés.

L’entretien qui fait cette émission a été enregistré le jeudi 06 octobre 2022 dans l’après-midi alors que Chloé Wary découvrait l’exposition que nous arpentons micro en main.

Les sélections musicales qui émaillent l’entretien sont choisies par Chloé: S.Pri Noir / Highlander, Joe Hisaishi / The Huge Tree in the Tsukamori Forest (Mon Voisin Totoro) & Ludwig Van Beethoven / Symphonie n° 7, 2nd mouvement (par l’Insula Orchestra)

Lundi 03 octobre (18h20): Maya Angelou

Cette semaine, lecture d’une large partie du recueil de poésie Et Pourtant Je M’Elève de Maya Angelou, traduit de l’américain par Santiago Artozqui pour une édition bilingue chez Seghers en 2022.

En contrepoint musicaux deux titres de Ben Harper / The Three Of Us & I’ll Rise, ainsi que Ask Me No Questions de Bridget St John pour finir.

Lundi 26 septembre (18h30): Atelier Manu Manu

L’Atelier Manu Manu est installé au sein de Maison Fumetti à Nantes. Il accueille jusqu’à cinq personnes sur des périodes de temps assez variables mais souvent conséquentes. Depuis deux ans l’atelier est occupé par Antoine Pédron, Guillaume Roland, Matao & Arthur Levrard. Chacun de ces jeunes auteurs de bande dessinée a œuvré tout ce temps à la réalisation de son premier livre. Certains sont publiés, d’autres à paraitre. Une exposition présentant leurs travaux est ouverte depuis le 24 septembre à l’occasion du festival Fumetti Pocket. Elle court jusqu’au 19 novembre et permet de confronter en une habile scénographie les pages, recherches et miscellanées des quatre garçons. Une rencontre publique le samedi 24 septembre en fin de journée permettait de compléter le tableau en faisant dialoguer les “Manu Manu”.

C’est l’enregistrement de cette rencontre que nous écoutons dans cette émission.

Lundi 19 septembre (18h10): Dominique A.

Une rentrée chargée pour Dominique A. qui sort son quinzième disque baptisé Le Monde Réel (Cinq7) et un premier recueil de poésies, Le Présent Impossible, aux éditions Iconopop.

L’occasion de parler écriture et comprendre ce qui stimule chez Dominique le désir des mots et à quels endroits ceux-ci trouvent leur juste place, dans une chanson, un récit, un poème…

L’entretien enregistré le mardi 13 septembre dans l’après-midi, sous les arbres agités de vent d’un parc en bord de Loire, est émaillé de lectures de poèmes issus du Présent Impossible ainsi que d’extraits du disque Le Monde Réel: Le Monde Réel, Avec Les Autres, Le Manteau Retourné De L’Enfance, Au Bord De La Mer Sous La Pluie. En complément, le morceau Le Reflet issu de Toute Latitude ainsi que Close Your Eyes une pièce de Ramon Humet et June de Fanny Mendelssohn joué par David Kadouch.