Histoires d’Ondes, le jeudi à 17H

Jeudi 1er décembre à 17 h : Carte blanche à Daniel Martin Borret

Daniel Martin-Borret est un garçon occidental heureux. À 57 ans, il vit en Cévennes dans un très grand confort moral et matériel, tout en soignant son bilan carbone, son bilan sanguin et son bilan comptable. Depuis peu, la médecine chirurgicale l’a rendu très sympa, dixit le receveur de la poste. Aujourd’hui, il a carte blanche dans Histoires d’Ondes pour ses pièces et ses chansons.

Jeudi 17 novembre à 17h : Mark Vernon Sheet Erosion, archéologie sonore volume 3, Brest

"Sheet Erosion est le troisième épisode d'une série construite autour de l'idée d'archéologie sonore à partir de sons trouvés. 
Ici, le cadre est la ville de Brest.

La pièce se construit à partir d'enregistrements réalisés au début de l'année 2020 lors des tempêtes Ciara et Desmond ainsi que d'extraits sonores issus d'une bande magnétique trouvée, datée des années 70 et 80. Les bandes comprennent des enregistrements domestiques mais témoignent principalement des goûts de Michel en matière de musique et de programmes de radio de l'époque. En écoutant les bandes, il m'est venu à l'esprit que ce que nous choisissons d'enregistrer est en fait un enregistrement de nous-mêmes - de nos goûts, nos intérêts, notre état émotionnel ou même de notre personnalité. Chaque son isolé fournit peu d'indices mais leur accumulation constitue une image plus claire, et certains traits de la personnalité de Michel se dessinent. Enregistré avec le micro placé devant le haut-parleur plutôt que directement câblé, la vie quotidienne transparaît dans ces enregistrements lo-fi d'émissions de radio et de télévision - activités ambiguës en arrière-plan, bébés qui pleurent, commentaires, grattements de chaises, bavardages, etc.

Au sein de la composition, les histoires familiales et les goûts musicaux sont transposés sur un paysage sonore plus contemporain de Brest. Une bande sursaturée déforme le temps ainsi que les sons. Les vitesses changent. Les chronologies se confondent. Différentes temporalités sont mélangées et fusionnées. Ce qui s'immisce dans ces failles chronologiques, ce sont des événements et des incidents détachés du temps linéaire qui prennent place dans un non-espace chimérique. Bien que le lieu soit le même, serait-il reconnaissable par les habitants qui y sont convoqués ?

Les enregistrements de terrain utilisés dans la pièce incluent : Le Téléphérique de Brest, les ascenseurs de l'hôtel, le sifflement du vent entre les garde-corps du pont de Recouvrance, le sifflement du vent à travers les interstices des portes, la circulation, les unités de ventilation, les ventilateurs, les ampoules, les alarmes, les systèmes automatiques toilettes, des distributeurs de savon et le sèche-mains." 

Mark Vernon. 

(traduction a-l drocourt)




Jeudi 3 novembre 2022 : Là où se rejoignent les rivières, une création d’Antoine Richard

crédits Judith Bordas

Là où se rejoignent les rivières prend sa source à Montbéliard, ville dans laquelle grand nombre de rivières ont été détournées, enfouies, canalisées… tente de faire apparaitre les liens invisibles qui relient entre-eux les habitants d’une ville en profonde mutation, où il semble devenir de plus en plus compliqué de communiquer.

À travers la métaphore d’une incroyable et inexpliquée montée des rivières, cette pièce convoque un paysage de voix d’habitant.e.s, dont les récits et histoires intimes semblent remonter à la surface à mesure que la ville disparait sous l’eau.

« On dit qu’une zone de confluence est une zone de remous

qu’on ne peut pas savoir jusqu’où montera l’eau

que lorsqu’on ne sait pas, il est temps de formuler des questions »

Une création sonore d’Antoine Richard, 56 minutes, 2022
Co écrite avec Samaële Steiner

Avec les voix des habitantes et habitants : Saliou Barry, Ines Benyzid, Yolande Berda, Lahim
Boudykkan, Christian Corouge, Yamina Djaber, Elisabeth Furher, Hélène Grimaud, Mario

Marcon, Philippe Moroni, et Maud Serusclat-Natale
Poème de Samaële Steiner, dit par Kaye Mortley
Musiques : Nils Frahm, Antoine Richard, Woody Jackson
Réalisation, prises de sons, montage, mixage : Antoine Richard

Voix générique : Amélie Sanson
Gravure à l’eau forte : Judith Bordas

Production : Radio MA – radio de création de la Scène Nationale du pays de Montbéliard

Direction : Yannick Marzin

Merci à : Michael Jouffroy et Helene Bensoussan