
Chaque semaine, cette émission propose l’écoute d’une œuvre de création sonore documentaire.
Un rendez-vous lancé par l’ADDOR, consacré aux écritures du réel, aux formes narratives et aux expérimentations sonores portées par des auteur·ices contemporain·es.
Diffusée le samedi à 13h et rediffusée le jeudi à 20h30, l’émission s’inscrit dans un partenariat national entre une association de créateur·ices et un réseau de radios associatives, affirmant une volonté commune de soutenir la création, la diffusion et la reconnaissance des œuvres sonores documentaires.
Sophie BERGER : Loire

«Un jour, j’ai su qu’il fallait que je prenne la route. J’avais vingt-six ans, je n’avais jamais fait cela, je ne savais pas ce que j’allais trouver. Je savais juste qu’il fallait que je le fasse. Il fallait que je prenne la route. Ce n’était pas raisonné, ce n’était pas raisonnable, mais je n’avais pas le choix. C’était une urgence. Ça hurlait en moi prends la route avec tes micros. Je me suis organisée pour avoir du temps et dès que j’ai pu : je suis partie. C’était encore l’hiver. J’avais choisi la Loire pour fil d’Ariane. La descendre, de la source à l’estuaire, 1000 kilomètres à pied, pour rejoindre la ville où je l’avais vue couler, gamine – Nantes. Une traversée sonore de la France d’Est en Ouest, au fil de la Loire, au fil de la route et de son champ magnétique.
Avec le soutien de «Du côté des Ondes» 2013, la SCAM, la SACD France & Belgique, la promotion des lettres de la communauté française et la RTBF.
Prix Pierre Schaeffer 2014 – Phonurgia Nova.
Guillaume ISTACE : Time Rewind
“Time Rewind” plonge l’auditeur.ice dans un voyage radiophonique fascinant en explorant les archives d’hier pour éclairer les débats sensibles d’aujourd’hui. Que se passe-t-il quand on interroge les archives de la RTBF sur une question aussi délicate que la place des femmes depuis la seconde guerre mondiale.? Time rewind opère un retour dans le temps et plonge les auditeur.ices dans le monde d’avant, le laissant découvrir comment des questions telles que le travail des femmes, leurs statut, le viol, ou l’avortement sont abordées à différents moments au sein d’un organe de media public, qui reflète forcément la façon de pensée dominante de son époque. La plongée est saisissante et permet de mesurer le chemin parcouru… ou pas. C’est là que Time rewind joue pleinement son rôle : rappeler que les enjeux actuels ont des racines profondes dans le passé, mettre en perspective ces questions, éclairer le présent, bousculer les idées reçues et ouvrir de nouvelles perspectives sur notre monde en constante évolution.
Jessie MAKENZET : Ce qui est déjà ou encore là
Ici à Bellevue, les murs des multiples chez-soi tombent. On dit de ce quartier (im)populaire à la croisée de Nantes et Saint-Herblain, qu’il est nécessaire de le refaire, le réinventer, le renouveler. Qu’en est-il de ce qui est encore ou déjà, là ? Que représente l’habiter, dans ce présent si fragilisé ? Rencontre avec Sakina et Stéphanie, deux habitantes qui y habitent, encore ?
Un documentaire réalisé dans le cadre du CREADOC en 2025 – Université de Poitiers, avec le soutien du pôle image Magelis.
Chloé BECCARIA : Dorothée

Dorothée, don de Dieu, c’est l’histoire de Dorothée, que Dieu n’a peut-être pas tant chérie que ça. A moins qu’il n’y soit pas pour grand chose… Dorothée a été adoptée lorsqu’elle avait sept ans et sa vie, depuis lors, est avant tout une quête d’identité, la recherche d’un sens, métaphorisée par la question du prénom. Dorothée veut tracer son propre chemin, s’éloigner des voies qui lui ont été imposées pour devenir qui elle aurait dû être.
Brice ANDLAUER & Alizée GAU : Le passage

« Il était, il n’était pas » invite à la découverte de lieux, d’individus et d’événements réels. Leur identité est tenue volontairement secrète, puis révélée au cours de l’écoute. Dans le documentaire le passage, un pêcheur, une poétesse et un comédien engagé racontent la relation qu’ils entretiennent à deux rives parallèles, à la mer qui les réunit et au gouffre qui les sépare. Comment se construit-on sur une zone liminaire ? Quels récits, quelles rencontres et quels affranchissements, pour trouver sa place entre deux mondes ? Un cheminement entre frontières, vents, quête de liberté et rapport à la différence.
Violette RAINERI : Comment va la voix ?

Comment va la voix ? se déroule dans le huis clos d’un cabinet d’orthophoniste. Au-delà de la pathologie, mon envie était de faire entendre ce qu’il se passe entre ces murs pour s’immerger dans le travail de la voix, de la parole et de la mémoire. Lorsque que la voix est blessée, que dit-elle de nous ? Que révèle-t-elle sans nous demander la permission ? Qu’essaie-t-on de réparer lorsque la voix fait défaut ? Qu’essaie-t-on de maintenir lorsque les mots restent immobiles sur le bout de la langue ? Que se passe-t-il dans cet espace où l’on s’autorise à rater ? Je voulais défendre le cercle vertueux de l’écoute. L’écoute des patient·e·s, celle de l’orthophoniste guidant le processus de soin, la mienne dans la salle d’attente avec le casque retour sur les oreilles, et celle des auditeur·ice·s. Je souhaitais faire exister l’éphémère. À peine en dehors ; déjà disparu. Valoriser ces allers-retours entre nous même et les autres alors qu’ils s’évanouissent en un souffle.
Damien FOURCOT : Transmission paysanne

Jean-Luc était seul à la ferme. Il a cédé une partie à Elsa, Paul et Erwan qui souhaitaient élever des brebis et produire du fromage. En bio. L’autre partie à Rahmzi et Sébastien qui voulaient élever des poules pondeuses. En bio. Il est de la génération « d’avant», celle que notre époque a presque effacé. Ils sont de la génération suivante, que la société promeut. Il a choisi de quitter une ferme dans laquelle il a toujours vécu. Eux n’y vivent pas tous, mais tentent de la faire revivre à leur manière. Beaucoup de grands écarts, et les aléas qui vont avec. Le cap est clair: faire vivre la ferme pour se nourrir et nourrir l’autre, le mieux possible, mais sans se compromettre. Une ferme qui se renouvelle et doit composer avec des rythmes plus que jamais contradictoires: ceux du lent tempo des saisons et de la course effrénée de la société de consommation.
Fanny RAHMOUNI & Barthélémy BELLEUDI : La tour vivante
La Tour Vivante est une pièce sonore qui retranscrit l’expérience d’une ronde de nuit à l’intérieur des tours Mercuriales. Construites dans les années 70 dans le cadre d’aménagements visant à créer un grand quartier d’affaires sur le modèle de la Défense, les Mercuriales sont deux tours de 122m de hauteur, situées à Porte de Bagnolet dans l’est parisien. Témoins d’un « futur du passé » rendu obsolète par les évolutions du monde du travail, les tours Mercuriales se cherchent aujourd’hui un avenir. Dans cette exploration, la narration est sonore avant tout. Les samples de voix, d’ambiances et de sons s’agencent en live d’une manière presque musicale, suivant une partition commune structurée par les différentes étapes de la ronde, du sous-sol au toit terrasse des tours
Anne LEPERE : Area

Apparitions chimériques dans la nuit galicienne. Deux juments nous surprennent. Vives et fugaces, elles déposent en nous une trace. De cette apparition naît l’envie de remonter le fil de la légende des chevaux sauvages qui peuplent la Galice. Ce voyage peut s’écouter dans des ordres différents. C’est une torsion du temps où ricochent des voix du XVIe siècle, des visions télépathiques du futur et des rituels entre humains et chevaux. Parmi eux, on trouve la pratique du maréchal ferrant ou le rassemblement annuel Rapa das bestas pendant lequel les humains rencontrent les chevaux sauvages.
Mathias GUILBAUD : Chez nous

Chez nous est une pièce documentaire acousmatique qui explore les sensations et questions autour de l’acte d’habiter à deux dans un petit appartement. Quel rapport pouvons-nous entretenir avec l’espace dans un 26m2 ? Comment un espace de travail, de vie, d’amour et de repos cohabite ensemble ? Quelles histoires racontent ce lieu que je connais, ces sons, ainsi que ma compagne, quant à la sensation d’habiter un espace ?
Julien BAROGHEL : Bled Rumeur

Bled rumeur est une plongée dans le monde adolescent autour des questions vastes et floues d’identité. Dans leur lycée, je retrouve cinq jeunes nés en France dont les parents sont nés dans un autre pays. Ils me racontent ce que cela veut dire aujourd’hui, en France, d’avoir des origines, d’être d’ici et un peu d’ailleurs à la fois.
Clarice CALVO PINSOLLE et Léa ROGER : Magma matters

Ce documentaire évoque les violences sexistes et sexuelles.
Nous souhaitons par ce documentaire sincère et direct, en forme de recherche en action, repositionner la question de la maladie au cœur d’une perspective globale – dans son rapport au vivant.Loin d’apporter une réponse toute faite à ce que serait un bon traitement de la maladie, le récit fait émerger des questionnements. Ceux-ci resteront ouverts en touchant plus largement des problématiques sensibles, sociétales et politiques qui nous concernent toustes.A travers des rencontres, des personnes parlent de ce qui se tisse dans leurs intimités sans tabou ni déterminisme – entre ami.e.s ou dans des cabinets de thérapeutes, à l’écoute de chercheureuses et spécialistes.
Enora GIBOIRE : Renvois

En 2020, Anastacia et Eloa portent plainte contre leur ancien entraîneur de handball pour harcèlement sexuel. L’enquête aboutit, il sera jugé. Mais pour la deuxième fois consécutive, la date d’audience est reportée. Deux ans s’écoulent, et je les regarde impuissante, se préparer à une journée qui ne semble jamais arriver.
Aurélien CAILLAUX : From Lisboa with love

Lisbonne est depuis quelques années une ville attractive. Dans les rues de son quartier emblématique, l’Alfama, l’ambiance populaire laisse peu à peu place à un air de villégiature internationale pour expatriés argentés. “From Lisboa with love” raconte la gentrification et la spéculation immobilière en cours, dans la bouche de ceux qui la font et de ceux qui la subissent.
